Les centrales nucléaires sont toujours sous le coup de la loi de 2003, qui leur impose de cesser leur activité en 2025. A ce moment, les sept réacteurs belges (Doel 1, 2, 3 et 4 et Tihange 1, 2, 3) auront 40 ans, voire 50 ans pour les plus âgés. A la veille des élections législatives du 26 mai, la décision d'arrêter le nucléaire n'est pas remise en cause par la plupart des partis.
...

Les centrales nucléaires sont toujours sous le coup de la loi de 2003, qui leur impose de cesser leur activité en 2025. A ce moment, les sept réacteurs belges (Doel 1, 2, 3 et 4 et Tihange 1, 2, 3) auront 40 ans, voire 50 ans pour les plus âgés. A la veille des élections législatives du 26 mai, la décision d'arrêter le nucléaire n'est pas remise en cause par la plupart des partis. Mais pas par tous. Trois formations politiques plaident pour prolonger certains réacteurs d'au moins 10 ans. La N-VA se déclare ainsi en faveur d'une prolongation des deux réacteurs les plus modernes (Tihange 3 et Doel 4), d'une capacité d'environ 1.000 MW chacun. Le Vlaams Belang veut en prolonger trois. Le Parti Populaire quatre. Le Bureau du Plan, dans son analyse générale des programmes des partis politiques, s'est penché sur ce volet nucléaire. Il a ainsi calculé le " surplus " de recettes que les producteurs d'électricité, (surtout Electrabel et un peu EDF Luminus), engrangeraient dans l'éventualité de l'un ou l'autre scénario en prenant 2030 comme année de référence. Si l'on prolonge de 10 ans deux réacteurs, comme le souhaite la N-VA, le " surplus " s'élèverait, cette année-là à un peu plus de 940 millions d'euros. Si l'on suit le Vlaams Belang (trois réacteurs), on monterait à 1,35 milliard. Et si l'on adopte les vues du PP, le surplus serait de 1,8 milliard. " Attention, tempère Olivier Desclée, porte-parole de Engie/Electrabel, cette estimation ne correspond pas aux bénéfices, qui seraient nettement moindres, que nous pourrions retirer de ces prolongations. " Car les chiffres du Bureau du Plan correspondent au terme économique du " surplus ", c'est-à-dire le résultat des recettes de la vente de l'électricité, diminuées des coûts variables (comme par exemple l'achat du combustible nucléaire ou les frais de maintenance). Mais ce calcul économique ne tient pas compte des coûts fixes, tels les frais de rénovation, le coût de démantèlement des centrales, etc. Les frais de rénovation peuvent être très importants. Electrabel estime en effet que la prolongation de 2015 à 2025 de ses plus anciens réacteurs (Tihange 1, Doel 1 et Doel2), un trio d'une capacité d'environ 2.000 MW, a nécessité de " très gros travaux et investissements " (remplacement de plusieurs transformateurs, des systèmes de commande, rénovation des turbines, etc. ), qu'il chiffre à 1,3 milliard d'euros. De plus, à côté des investissements pour maintenir les centrales opérationnelles, il existe des incertitudes, à la fois sur le prix de l'électricité dans le futur et sur la fiscalité future du nucléaire. Olivier Desclée rappelle que sur ces 10 dernières années, Electrabel a payé un total de taxes cumulées de 3,5 milliards d'euros de contribution à l'Etat.