" Le hardware n'est pas notre métier (le marché nous offre suffisamment de possibilités) mais le software et l'interprétation des données seront notre core-business à l'avenir. " Ces mots, ce sont ceux de Kris Cloots, CEO d'ISS Belux. Vous savez, le groupe qui gère la cantine de votre entreprise ou qui assure le nettoyage de votre bureau...
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" Le hardware n'est pas notre métier (le marché nous offre suffisamment de possibilités) mais le software et l'interprétation des données seront notre core-business à l'avenir. " Ces mots, ce sont ceux de Kris Cloots, CEO d'ISS Belux. Vous savez, le groupe qui gère la cantine de votre entreprise ou qui assure le nettoyage de votre bureau... ISS, le géant danois des services facilitaires, ne jure plus désormais que par l' activity-based facility management. Comprenez par là : des prestations adaptées en temps réel à l'activité des collaborateurs. " Pour pouvoir proposer le soutien le mieux adapté à un coût acceptable, nous avons besoin de données en temps réel nous indiquant la manière dont un bâtiment est utilisé ", explique le patron. Afin de collecter ces données, ISS a déployé toute une série d'outils, comme des capteurs et des cartes personnelles pour chaque employé. Placés dans les distributeurs, machines à café, toilettes et distributeurs sanitaires, les capteurs avertissent quand un nettoyage ou un réapprovisionnement est nécessaire. " Avant, tout était planifié, explique Kris Cloots. Notre préposé devait faire son tour tous les matins pour vérifier que rien ne manquait. Ici, il ne lui est désormais plus nécessaire de se déplacer pour rien. " Les capteurs peuvent aussi compter le nombre de personnes dans une pièce, ce qui donne un aperçu des postes de travail et des salles de réunion qui ne sont pas utilisés durant la journée et qui ne nécessitent donc aucun nettoyage. Chez ISS, on explique que cela doit permettre d'adapter à la fois la charge et le programme de travail en transformant certaines tâches journalières en tâches périodiques. " Il s'agit de simples détecteurs de mouvement, précise en outre notre interlocuteur. A aucun moment, on ne sait qui est présent dans la pièce, à moins que la salle de réunion n'ait été réservée à l'avance. Dans ce cas, le nom de la personne est connu du système. " Concernant les flex desks, les bureaux libres, impossible de savoir qui y travaille. " Cela pourrait être rendu possible avec de petits lecteurs, reconnaît le CEO. Mais aujourd'hui, le système de détecteurs situés en dessous des bureaux ne font que détecter qu'une personne est assise, grâce à la chaleur humaine, sans savoir de qui il s'agit. " Outre ces capteurs, le spécialiste des services propose aussi une carte à chaque membre du personnel. Cette carte, qui peut être rechargée, permet d'accéder au bâtiment, d'imprimer des documents, de payer aux distributeurs ou de régler ses repas au restaurant de l'entreprise. Autre innovation : la reconnaissance du numéro de plaque de chaque voiture, donnant un accès automatique au parking. Ce système, dit le groupe, doit permettre d'avoir un aperçu du nombre de collaborateurs et visiteurs présents dans le courant de la matinée en vue de prévoir de manière plus précise le nombre de plats à préparer en cuisine. L'innovation a donc pour but de faciliter la préparation des repas. " Sur 100 personnes présentes dans l'entreprise, on peut ainsi, par exemple, savoir que 60 d'entre elles mangent à la cantine, et que sur ces 60 personnes, 20 prennent un repas chaud, 20 un repas froid, et les 20 dernières un sandwich ", précise Kris Cloots. Reste qu'il est légitime de se demander si un tel système ne s'apparente pas à une forme de pistage des collaborateurs. " Cela permet de suivre leurs activités, reconnaît le patron. Nous n'allons jamais à l'encontre du respect de la vie privée. Mais sur le lieu de travail, nous ne sommes pas dans la sphère privée : l'employeur a le droit de contrôler certaines choses... " Après avoir collecté cette foule de données, ISS doit pouvoir les traiter. " Les données sont une chose, mais nous avons aussi besoin d'algorithmes afin de pouvoir les interpréter ", précise notre interlocuteur. Pour ce faire, le géant du facility management a conclu un partenariat commercial avec IBM et sa plateforme Watson Internet of Things. ISS va ainsi pouvoir intégrer les données de millions d'appareils et de capteurs pour portes, fenêtres, chaises, salles de conférence, distributeurs et systèmes de climatisation. " Une information en temps réel, couplée à des analyses automatiques, peut guider le travail journalier, assure Kris Cloots. Des analyses à plus long terme peuvent nous permettre d'établir des standards en matière d'utilisation des bâtiments et contribuer ainsi à un meilleur planning et davantage de pro-activité. Avec sa plateforme Watson, IBM est mondialement au top de l'analyse de big data et d'intelligence artificielle. De plus, IBM a la capacité territoriale et la force de frappe nécessaire pour soutenir et optimaliser nos prestations de services chez nos gros clients au niveau mondial. Le but recherché est un meilleur service et donc, une loyauté plus importante de la part de nos clients. "