"Coaching ", un terme à la mode, décliné à toutes les sauces : on trouve des coachs de carrière (en vue d'une réorientation professionnelle), des coachs personnels (pour la gestion de la vie privée, le relooking, l'organisation des aspects de la vie familiale, la confiance en soi, le développement personnel, etc.) et les coachs en entreprise, en support des ressources humaines et du management. Mais qu'en est-il exactement ?
...

"Coaching ", un terme à la mode, décliné à toutes les sauces : on trouve des coachs de carrière (en vue d'une réorientation professionnelle), des coachs personnels (pour la gestion de la vie privée, le relooking, l'organisation des aspects de la vie familiale, la confiance en soi, le développement personnel, etc.) et les coachs en entreprise, en support des ressources humaines et du management. Mais qu'en est-il exactement ? Le coaching tire son origine de plusieurs champs professionnels, en particulier du milieu sportif, premier secteur à avoir utilisé le terme. Selon l'International Coach Federation (ICF, la plus grande association internationale de coachs, qui possède son antenne en Belgique depuis 2006), le coaching est " une collaboration avec les clients qui prend la forme d'un processus créatif stimulant la réflexion dans le but de les inspirer à optimiser leur potentiel personnel et professionnel. Le coaching se définit comme une relation suivie, dans une période définie, qui permet au client d'obtenir des résultats concrets et mesurables dans sa vie professionnelle et personnelle. A travers le processus de coaching, le client approfondit ses connaissances et améliore ses performances. Il peut être individuel ou collectif ". Et de préciser que le coaching " peut être utilisé parallèlement à une démarche de conseil, de thérapie, de mentorat, de formation, mais il ne saurait s'y substituer ". Une précision nécessaire comme l'explique François-Xavier Randour, expert en communication interpersonnelle et fondateur d'Aedos Coaching : " Le coaching est parfois devenu un terme bateau et beaucoup confondent coach, consultant, conseiller, thérapeute, etc. La posture du coach est de développer le potentiel d'une personne. Si celle-ci ne travaille pas, il n'y aura pas de solution. Le coach n'est pas là pour la lui apporter, il n'est pas là pour lui transmettre un savoir, mais pour le guider, pour l'accompagner ". Les entreprises font de plus en plus appel à des coachs professionnels. Un essor qui s'explique en partie par un changement de perception. " Il y a quelques années encore, on n'osait pas dire que l'on faisait appel à un coach, le métier était encore trop nébuleux. On tendait à confondre coach et thérapeute. Or le coach ne travaille pas sur la psyché, ni sur le passé. Aujourd'hui tout le monde trouve ça génial ", commente François-Xavier Randour. David Boon, managing partner et experience raiser chez Adgility enchérit : " Par le passé, faire appel à un coach était connoté négativement, perçu comme un aveu de faiblesse. Appeler un coach signifiait qu'il y avait un problème, que la personne manquait de compétences. Aujourd'hui, on sait que l'on nous appelle pour optimiser le potentiel existant ". Le changement s'explique également par une prise de conscience des nouveaux challenges internes au sein des entreprises. Celles-ci doivent s'adapter à de nouveaux outils, de nouvelles façons de travailler, mais aussi à l'arrivée des nouvelles générations sur le marché du travail. Autant d'éléments qui ont complètement changé le visage de l'entreprise. " Aux Etats-Unis, on estime qu'en 2020 - c'est-à-dire, demain - la moitié de la population active sera composée des générations Y et Z, qui débarquent avec des attentes et des besoins très différents de ceux de leurs prédécesseurs, explique David Boon. Pour eux, autonomie, flexibilité et liberté sont des acquis qui ne se discutent même pas. Les entreprises doivent adapter leur culture et leur mode de fonctionnement si elles veulent attirer les meilleurs candidats issus de ces générations, et les conserver ! " On fait appel aux coachs pour atteindre, voire dépasser - à court, moyen ou long terme - des objectifs, qui sont aussi multiplies que variés : gestion des conflits au sein d'une équipe, développement du leadership, amélioration de la communication et des relations interpersonnelles, renforcement de la cohésion, accompagnement dans un contexte de changement, etc. Selon un rapport d'ICF, 70% des demandes concerneraient les relations interpersonnelles et la communication. " La plupart des demandes touchent le management, développe David Boon. On nous contacte pour aider des managers confrontés à des dysfonctionnements au sein de leurs équipes. Pour beaucoup, devenir manager est un symbole de réussite mais ils ne sont pas préparés à l'être. Ils sont alors plongés dans un état de stress, ils sont confrontés à des situations où ils ne parviennent pas à gérer et à motiver leurs équipes. Devenir manager ne s'improvise pas. C'est un talent qu'il faut développer, et le coach est là pour aider. " François-Xavier Randour abonde dans le même sens. " Le coach vient pour développer des compétences, déceler les actions, des postures à adopter ou à éviter, dit-il. On va, par exemple, tantôt redresser quelqu'un qui manque de confiance en lui et qui ne trouve pas sa place, tantôt amener à la réflexion quelqu'un adoptant une posture qui braque ses collaborateurs et dont il n'est pas conscient. " Et le coach peut être appelé à intervenir à tous les niveaux, jusqu'au CEO. " Plus on monte les échelons, plus il est difficile de partager ses problèmes de stress, les difficultés que l'on rencontre au sein de son équipe, c'est là qu'intervient alors le coach ", explique David Boon. Et à ce niveau aussi, les mentalités évoluent. " Certains CEO n'hésitent plus à jouer la carte de la transparence, et dans l'idée du leader qui montre l'exemple, ne cachent pas faire appel à nos services ", poursuit l'expert. D'autres toutefois préfèrent maintenir la discrétion, comme en témoigne François Xavier Randour qui travaille parfois avec des CEO résidant à l'étranger et qui prennent l'avion pour venir à sa rencontre, loin de leur cercle d'activités. On l'aura compris : les coachs jouent désormais un rôle clé au sein des entreprises. Mais sont-ils régulés ? " Il n'existe malheureusement pas d'accès à la profession, explique David Boon. On voit donc parfois des coachs autoproclamés, qui n'ont suivi aucune formation certifiée et qui se basent sur leur seule expérience pour vendre leurs services. Ils peuvent faire de nombreux dégâts. " Selon le dernier rapport d'ICF, les personnes non formées qui se proclament coachs sont la plus grande source d'inquiétude de la profession. " Il est primordial de faire appel à des coachs qui ont été formés, certifiés, qui peuvent attester d'une réelle expérience et qui respectent une déontologie ", poursuit David Boon. A propos de déontologie, il est bon de savoir que les coachs certifiés sont tenus de la respecter strictement. Les écoles reconnues possèdent chacune leur charte, toutes assez similaires, que l'on peut retrouver sur leur site. Le non-respect de cette charte ne pourrait-il pas dès lors être sanctionné par ces mêmes écoles ? " Il n'existe pas d'Ordre des coachs, répond François-Xavier Randour. Mais c'est un milieu où le bouche-à-oreille est très puissant, dans un sens comme dans l'autre. Un coach qui travaille mal ou qui ne respecte pas la déontologie, cela se sait vite et il fait rarement long feu. " Qui dit secteur en plein boom, dit aussi expansion du nombre de " professionnels ". Comment dès lors faire son choix quand on décide de faire appel à un coach ? " Je dis souvent en boutade que depuis une dizaine d'années, ce sont les écoles de coaching qui sont devenues riches, mais pas les coachs ", s'amuse François-Xavier Randour. Plus sérieusement, quand on décide de s'adjoindre les services d'un coach, il faut s'assurer qu'il possède des qualités essentielles : intelligence émotionnelle, empathie, capacité d'écoute active, facilité de contact interpersonnel, neutralité totale, respect de la confidentialité, ... Pour cela, un entretien est indispensable - " pour l'un comme pour l'autre, précise François-Xavier Randour, le coach doit également savoir lui-même où il veut mettre son énergie " - et certaines questions sont essentielles : quelles formations le coach a-t-il suivies ? Quelles sont ses références (en dehors de ses heures de formation obligatoires) ? Quelle est sa charte de déontologie ? Dans quels autres domaines que le coaching est-il actif ? " Il est bon de faire appel à quelqu'un dont le coaching est l'activité principale, mais qui cultive aussi d'autres passions en parallèle, précise François-Xavier Randour. Cela montre que la personne reste curieuse, une autre qualité importante. Et que toutes ses activités se nourrissent mutuellement. " Enfin, il ne faut pas oublier de parler d'argent ! " Un coach qui demande moins de 100 euros de l'heure, c'est suspect ", estime David Boon. Comptez 150 euros de l'heure en moyenne. Les prix pouvant varier selon la durée de la mission, la taille de l'équipe ou le niveau d'expertise du coach. " Au final, tout est question de connexion. Comme dans toute rencontre ", conclut David Boon. Par Sigrid Descamps.