C'est un secteur en pleine consolidation. Fin de l'année dernière, le groupe d'outre-Rhin Delivery Hero cédait ses activités allemandes à Takeaway.com, prenant au passage une participation de 18% au capital de son concurrent néerlandais. En février, le fonds américain Cat Rock Capital Management exhortait le britannique Just Eat, dont il est actionnaire, à entamer des discussions en vue d'une fusion. Et en septembre 2018, c'est le géant américain des VTC Uber (et son service de livraison de repas Uber Eats) qui tentait d'avaler la licorne britannique Deliveroo. En vain : son offre avait ...

C'est un secteur en pleine consolidation. Fin de l'année dernière, le groupe d'outre-Rhin Delivery Hero cédait ses activités allemandes à Takeaway.com, prenant au passage une participation de 18% au capital de son concurrent néerlandais. En février, le fonds américain Cat Rock Capital Management exhortait le britannique Just Eat, dont il est actionnaire, à entamer des discussions en vue d'une fusion. Et en septembre 2018, c'est le géant américain des VTC Uber (et son service de livraison de repas Uber Eats) qui tentait d'avaler la licorne britannique Deliveroo. En vain : son offre avait été jugée nettement insuffisante. Aujourd'hui, au nez et à la barbe d'Uber, c'est donc Amazon qui entre au capital de la firme au kangourou. Le mastodonte de l'e-commerce est en effet le principal investisseur d'un tour de table qui a permis à Deliveroo de lever 575 millions de dollars (515 millions d'euros), portant à 1,53 milliard de dollars le montant récolté depuis sa création, en 2013. De l'argent frais qui permettra à l'entreprise, toujours pas rentable (elle enregistrait en 2017 une perte avant impôt de 207,8 millions d'euros), de recruter de nouveaux salariés pour son siège de Londres, de s'étendre sur le plan géographique et d'élargir son programme de cuisines partagées. Deliveroo, qui opère aujourd'hui dans 500 villes réparties dans 14 pays, faisant appel à 60.000 coursiers pour livrer les repas de 80.000 restaurants, propose en effet à ces derniers de louer des espaces de cuisine dans des zones denses en population où ils ne sont pas présents. D'après les observateurs, le deal Amazon/Deliveroo permettra aux deux acteurs de mutualiser leurs services. Les clients Deliveroo pourraient ainsi commander leur repas vocalement via Amazon Echo (l'enceinte connectée de la firme de Jeff Bezos) et les coursiers se mettraient à livrer des colis Amazon. " Deliveroo a trouvé le moyen de livrer de manière très rapide des repas dans les agglomérations. C'est certainement quelque chose qui intéresse Amazon, explique un analyste dans les colonnes du Financial Times. Si Deliveroo livre aujourd'hui des pizzas et des hamburgers, pourquoi, demain, ne livrerait-il pas des livres ? " Mais ce qui a surtout séduit Amazon, c'est l'entreprise technologique qu'est Deliveroo. Le groupe britannique travaille en permanence à l'amélioration de ses algorithmes pour étudier, notamment, quel type de nourriture est demandé en fonction des quartiers. Objectif ? Anticiper la demande. Voilà qui attise clairement l'appétit d'Amazon, qui ne cache plus ses ambitions dans le secteur de l'alimentation. Après avoir racheté en 2017 l'enseigne bio américaine Whole Foods Market, la firme de Seattle plancherait sur l'ouverture d'une dizaine de supermarchés alimentaires aux Etats-Unis. Dans plusieurs capitales européennes, Amazon permet aux urbains, grâce à son service Prime Now, de se faire livrer leurs courses quotidiennes dans l'heure. Bientôt via un coursier Deliveroo ?