On devrait atteindre cette année, le niveau record de 1,32 million de bouteilles de vin wallon. C'est une progression de 80 % par rapport à l'an dernier et de 40 % par rapport au record de 2015. Qu'est-ce qui explique ce succès ?
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On devrait atteindre cette année, le niveau record de 1,32 million de bouteilles de vin wallon. C'est une progression de 80 % par rapport à l'an dernier et de 40 % par rapport au record de 2015. Qu'est-ce qui explique ce succès ? Le climat bien entendu. Lors de la floraison, en juin, nous avons eu un temps bien sec, qui nous a donné des vignes très chargées. D'ordinaire, on pratique alors des vendanges en vert, c'est-à-dire qu'on enlève des grappes, afin de favoriser une meilleure maturation. Avec le beau temps, on a postposé cette intervention de 15 jours, de trois semaines, d'un mois et, finalement, on a pu tout laisser. Et nos grappes ont gentiment mûri sous le soleil, ce qui nous permet de concilier ces quantités exceptionnelles avec une réelle qualité. Nos vins sont, comme tous les vins du nord, assez légers en alcool, avec une belle acidité. Quand j'ai commencé il y a 28 ans, on me prenait pour un allumé. Aujourd'hui, dans les salons, on nous demande " le fameux vin wallon ". L'évolution est notable. Et sur le plan économique, est-ce aussi un succès ? Soyons réalistes : nos 1,32 million de bouteilles, c'est tout juste 10 % de la production du Grand-Duché de Luxembourg et à peine une quinzaine de producteurs (sur une centaine recensés) en ont fait leur métier. Néanmoins, je note qu'un écosystème se met en place avec des spécialistes des étiquettes, des cuves, des formations à l'IFAPME et même des circuits d'oenotourisme... Cet ensemble représente un chiffre d'affaires d'une vingtaine de millions d'euros. Ce n'est pas encore grand-chose mais nous sommes entrés dans un cercle vertueux. Dans les cinq ans, nous devrions pouvoir doubler, voire tripler les surfaces. Avec les quelque 150 ha actuels consacrés aux vignes, nous sommes loin de saturer le marché. Ces dernières années, le vin wallon a vu arriver ceux que je qualifierais d'investisseurs, des gens qui viennent parce qu'ils sont convaincus sur le vin peut être un créneau porteur en Wallonie. Plusieurs grandes familles, qui peut-être hier nous snobaient, ont aussi investi dans le vin wallon. Le résultat, c'est que nos vins s'imposent sur toutes les tables. Cette démarche est-elle soutenue par les pouvoirs publics ? Vous savez que je veille à ce que dans les réceptions officielles, on serve du vin wallon... Au-delà de l'anecdote, il existe des aides à la reconversion des agriculteurs et, depuis trois ans, notre association reçoit 50.000 euros du ministre de l'Agriculture René Collin (cdH). Cela nous permet de fédérer les forces, de diffuser des conseils pour améliorer la qualité, de promouvoir nos vins et de favoriser les vocations. Nous collaborons aussi avec nos amis flamands. En octobre, la Belgique était l'invitée d'honneur des 20 ans de Megavino, la grand-messe du vin à Bruxelles. Les producteurs wallons et flamands ont proposé ensemble leurs vins et je peux vous assurer que nous nous sommes bien amusés. Pour une fois en Belgique, nous avions un message d'unité.