La presse nationale y a accordé peu d'écho. Les politiques se terrent. Les grands syndicats patronaux sont d'une frilosité inhabituelle, même si Unizo s'en mêle et que la FEB ait finalement émis des regrets. Et pourtant, un véritable scandale est en train d'agiter et de bousculer la sphère des chefs d'entreprise belges : ce mercredi 20 mai, le Parlement devrait voter en catimini une loi retardant le début des préavis et les prolongeant de facto alors qu'ils étaient pourtant déjà enclenchés en vertu des dispositions légales en vigueur.

Discrimination et insécurité juridique

Cela créerait une discrimination et une insécurité juridique à laquelle le droit social n'est pas habitué et ce en raison de l'effet inéquitable et rétroactif souhaité !

En d'autres mots : ceux qui ont pourtant appliqué de bonne foi la loi le 20 mars ou jusqu'aujourd'hui, seraient de facto déclaré hors-la-loi le 20 mai.

L'ennemi, le coupable, le danger, n'est plus le Covid-19, mais le petit patron qui n'a parfois pas d'autre choix que de réorganiser ses équipes, pour s'adapter à cette crise historique qui, disons-le, a en partie été probablement aggravée par l'inefficacité de nos gouvernants.

Evidemment, les abus de rupture de contrat ne sauraient être tolérés. Mais le licenciement, c'est comme un divorce : il n'est peut-être pas souhaitable, mais parfois malheureusement inévitable. Et personne dans le fond ne le souhaite.

"Salaud de patron"

Plusieurs choses me choquent dans cette décision de certains parlementaires : leur propension à désigner le petit chef d'entreprise comme un "salaud de patron" qui ne cherche qu'à se remplir les poches en esclavagisant ses salariés et en les virant à la première occasion ; et le fait que dans un Etat de droit comme le nôtre, on puisse appliquer de telles décisions rétroactives.

Je m'étonne d'ailleurs de l'injustice qui serait ainsi instaurée contre les licenciés qui ont la plus faible ancienneté : eux ne pourraient prétendre à un préavis complet ou complété, contrairement aux plus anciens. Serait-ce alors l'instauration d'une nouvelle iniquité flagrante contraire aux règles de la Cour des Droits de l'Homme ?

Loi anticonstitutionnelle ?

Certains juristes l'évoquent déjà : cette loi serait anticonstitutionnelle et ne respecterait pas non plus les règles européennes. Elle finirait donc par être révoquée. Alors pourquoi prendre la peine de la proposer ?

Nul besoin de chercher des explications trop loin : les démagogues qui ont porté cette proposition de loi ne cherchent qu'à plaire à leur électorat, même s'ils ont parfaitement conscience de l'illégalité de leur démarche. Et comme toujours, ce seront les petits patrons qui paieront : ceux qui n'ont pas les ressources nécessaires, comme les grands patrons, pour payer une armée d'avocats qui pourront les défendre.

Les plus faibles n'iront probablement pas attaquer certaines de nos idylles irresponsables...et comme toujours, ils paieront.

Alors ils seront stigmatisés, et pour couronner le tout, le dépôt de bilan les attendra à la sortie. Ça ne sera plus une infime partie de leurs salariés qui finiront au chômage, mais la totalité. Sans parler de leurs sous-traitants et partenaires. Ils auront eu tort de tenter de réagir à la baisse d'activité jamais connue depuis la crise financière de 2008.

Reconstruction et non stigmatisation

Nous, chefs d'entreprises, avons suivi à la lettre les consignes du gouvernement pour développer le télétravail, faire respecter les consignes de distanciation sociale, ou encore être au plus près des nouveaux besoins de notre clientèle. Aujourd'hui, l'heure est à la reconstruction de notre économie, et non à la stigmatisation, à la lutte contre l'effondrement économique prévu et non à la division, à la concorde nationale et non à la recherche de coupables que seraient les patrons, salariés ou gouvernant.

Ni l'employeur, ni l'employé n'est un ennemi : c'est la crise économique qui vient, et qu'il faut combattre avec force, ensemble. Sans opposer l'un à l'autre, au contraire. C'est toute la responsabilité de nos Politiques, s'ils ne veulent pas être déclaré coupables : l'Union fait la Force.

La Belgique aurait tort de suivre une logique très franco-française où les patrons seraient d'avides salauds qui ne soucient aucunement de leurs salariés. Cette proposition de loi est d'autant absurde que le nombre de licenciement n'a jamais été aussi faible qu'en ce moment : entre la mi-mars et la fin avril, il a diminué d'un tiers par rapport à la même période l'année dernière.

La vache à traire ou le cheval qui tire le char

Winston Churchill avait ces mots très justes : "On considère le chef d'entreprise comme un homme à abattre, ou une vache à traire. Peu voient en lui le cheval qui tire le char."

Il serait peut-être temps que la chienlit prenne fin et qu'on se remette tous collectivement au travail, sans avoir la crainte d'être attaqué en justice à tout bout de champ par des responsables - ou irresponsables ? - politiques qui devraient méditer cet adage bien connu : "Gouverner, c'est prévoir. Et ne rien prévoir, c'est courir à sa perte." J'ajouterais simplement ces mots : "changer les règles pendant la bataille, c'est la perdre d'avance".

A bon entendeur...

La presse nationale y a accordé peu d'écho. Les politiques se terrent. Les grands syndicats patronaux sont d'une frilosité inhabituelle, même si Unizo s'en mêle et que la FEB ait finalement émis des regrets. Et pourtant, un véritable scandale est en train d'agiter et de bousculer la sphère des chefs d'entreprise belges : ce mercredi 20 mai, le Parlement devrait voter en catimini une loi retardant le début des préavis et les prolongeant de facto alors qu'ils étaient pourtant déjà enclenchés en vertu des dispositions légales en vigueur.Discrimination et insécurité juridiqueCela créerait une discrimination et une insécurité juridique à laquelle le droit social n'est pas habitué et ce en raison de l'effet inéquitable et rétroactif souhaité !En d'autres mots : ceux qui ont pourtant appliqué de bonne foi la loi le 20 mars ou jusqu'aujourd'hui, seraient de facto déclaré hors-la-loi le 20 mai. L'ennemi, le coupable, le danger, n'est plus le Covid-19, mais le petit patron qui n'a parfois pas d'autre choix que de réorganiser ses équipes, pour s'adapter à cette crise historique qui, disons-le, a en partie été probablement aggravée par l'inefficacité de nos gouvernants. Evidemment, les abus de rupture de contrat ne sauraient être tolérés. Mais le licenciement, c'est comme un divorce : il n'est peut-être pas souhaitable, mais parfois malheureusement inévitable. Et personne dans le fond ne le souhaite. "Salaud de patron"Plusieurs choses me choquent dans cette décision de certains parlementaires : leur propension à désigner le petit chef d'entreprise comme un "salaud de patron" qui ne cherche qu'à se remplir les poches en esclavagisant ses salariés et en les virant à la première occasion ; et le fait que dans un Etat de droit comme le nôtre, on puisse appliquer de telles décisions rétroactives. Je m'étonne d'ailleurs de l'injustice qui serait ainsi instaurée contre les licenciés qui ont la plus faible ancienneté : eux ne pourraient prétendre à un préavis complet ou complété, contrairement aux plus anciens. Serait-ce alors l'instauration d'une nouvelle iniquité flagrante contraire aux règles de la Cour des Droits de l'Homme ? Loi anticonstitutionnelle ?Certains juristes l'évoquent déjà : cette loi serait anticonstitutionnelle et ne respecterait pas non plus les règles européennes. Elle finirait donc par être révoquée. Alors pourquoi prendre la peine de la proposer ? Nul besoin de chercher des explications trop loin : les démagogues qui ont porté cette proposition de loi ne cherchent qu'à plaire à leur électorat, même s'ils ont parfaitement conscience de l'illégalité de leur démarche. Et comme toujours, ce seront les petits patrons qui paieront : ceux qui n'ont pas les ressources nécessaires, comme les grands patrons, pour payer une armée d'avocats qui pourront les défendre. Les plus faibles n'iront probablement pas attaquer certaines de nos idylles irresponsables...et comme toujours, ils paieront. Alors ils seront stigmatisés, et pour couronner le tout, le dépôt de bilan les attendra à la sortie. Ça ne sera plus une infime partie de leurs salariés qui finiront au chômage, mais la totalité. Sans parler de leurs sous-traitants et partenaires. Ils auront eu tort de tenter de réagir à la baisse d'activité jamais connue depuis la crise financière de 2008. Reconstruction et non stigmatisationNous, chefs d'entreprises, avons suivi à la lettre les consignes du gouvernement pour développer le télétravail, faire respecter les consignes de distanciation sociale, ou encore être au plus près des nouveaux besoins de notre clientèle. Aujourd'hui, l'heure est à la reconstruction de notre économie, et non à la stigmatisation, à la lutte contre l'effondrement économique prévu et non à la division, à la concorde nationale et non à la recherche de coupables que seraient les patrons, salariés ou gouvernant.Ni l'employeur, ni l'employé n'est un ennemi : c'est la crise économique qui vient, et qu'il faut combattre avec force, ensemble. Sans opposer l'un à l'autre, au contraire. C'est toute la responsabilité de nos Politiques, s'ils ne veulent pas être déclaré coupables : l'Union fait la Force.La Belgique aurait tort de suivre une logique très franco-française où les patrons seraient d'avides salauds qui ne soucient aucunement de leurs salariés. Cette proposition de loi est d'autant absurde que le nombre de licenciement n'a jamais été aussi faible qu'en ce moment : entre la mi-mars et la fin avril, il a diminué d'un tiers par rapport à la même période l'année dernière.La vache à traire ou le cheval qui tire le charWinston Churchill avait ces mots très justes : "On considère le chef d'entreprise comme un homme à abattre, ou une vache à traire. Peu voient en lui le cheval qui tire le char." Il serait peut-être temps que la chienlit prenne fin et qu'on se remette tous collectivement au travail, sans avoir la crainte d'être attaqué en justice à tout bout de champ par des responsables - ou irresponsables ? - politiques qui devraient méditer cet adage bien connu : "Gouverner, c'est prévoir. Et ne rien prévoir, c'est courir à sa perte." J'ajouterais simplement ces mots : "changer les règles pendant la bataille, c'est la perdre d'avance". A bon entendeur...