Télétravail

Il paraît bien loin, ce mois de février 2013, quand la patronne de Yahoo Marissa Mayer avait décidé d'obliger les employés à venir au bureau, pour "ressentir l'énergie et l'excitation" du travail en équipe.

Désormais, les grands groupes du secteur technologique sont nombreux à encourager au contraire leurs employés à travailler de chez eux. La moitié de ceux de Facebook pourraient le faire de façon permanente d'ici cinq à dix ans, a annoncé leur patron Mark Zuckerberg.

Twitter pour sa part compte autoriser certains de ses salariés à travailler depuis leur domicile de façon permanente, même lorsque les mesures de confinement seront entièrement levées.

Et le mouvement déborde le cadre des mastodontes de la tech: le groupe automobile PSA veut faire du travail à distance la "référence" pour ses activités hors production.

Ce qui ne laisse pas d'inquiéter les syndicats français: ils ont appelé à mettre d'abord en place un retour d'expérience sur le télétravail imposé durant le confinement, et à ne pas créer de "fracture" entre les employés en col blanc et le monde des usines.

Temps de travail

Où travailler, mais aussi combien de temps, quand le travail lui-même devient une denrée rare, pour cause de flambée du chômage et des plans sociaux?

La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a évoqué la possibilité d'une semaine de travail de quatre jours afin de relancer l'économie. La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon en a également fait un sujet pour le déconfinement progressif.

En France, le débat sur le temps de travail, qui resurgit à chaque crise depuis l'adoption par le pays de la semaine de 35 heures, n'a pas manqué de reprendre. Le patronat a appelé à "poser la question du temps de travail, des jours fériés et des congés payés" pour accompagner la reprise, tandis que les syndicats ont critiqué le "confinement des esprits" et le retour des "vieilles lunes".

"C'est le moment pour les entreprises de prendre du recul et de se demander quelles formes traditionnelles du travail existent par la force de l'habitude plutôt que par nécessité", écrivent les chercheuses Bobbi Thomason et Heather Williams dans un article publié par le site de la Harvard Business Review.

Evoquant leur propre cas de mères travaillant chez elles tout en s'occupant de leurs filles, elles poursuivent: "Les employeurs voient que les salariés ne peuvent pas travailler correctement sans prendre en compte leurs responsabilités familiales. Cette leçon sera-t-elle retenue après la pandémie?"

Robots

La progression galopante du chômage dans le monde pose une autre question: et si les employés licenciés aujourd'hui étaient remplacés demain par des... robots?

Les images du chien-robot jaune de la société Boston Dynamics patrouillant à Singapour pour encourager au respect des mesures de distanciation ferait alors presque figure de bande-annonce du monde d'après, un monde dans lequel les machines livreraient des colis, nettoieraient des bureaux, serviraient des repas.

"L'automatisation tend à évoluer par bonds" et non de manière linéaire, en particulier "à la suite de chocs économiques", note Mark Muro, du centre de recherches Brookings de Washington, dans une note pour le site Economist Intelligence Unit.

A l'heure où la distanciation et le souci de l'hygiène encouragent le recours aux machines pour des tâches répétitives, "il est possible que les travailleurs les moins payés, que les jeunes et que les minorités soient parmi les plus vulnérables", selon lui. Tandis que les emplois plus qualifiés pourraient eux être menacés par l'essor de l'intelligence artificielle, capable d'effectuer des projets de classement, évaluation ou planification.

Face à ce risque de remplacement à grande échelle du travail humain par celui des machines, de nombreux magnats de la tech américaine sont ainsi favorables à la création d'un revenu universel, déconnecté de tout emploi, une idée portée en particulier par Andrew Yang, ex-candidat à la primaire démocrate.

Le patron et fondateur de Twitter Jack Dorsey vient d'ailleurs de faire don de 5 millions de dollars à cette initiative.

TélétravailIl paraît bien loin, ce mois de février 2013, quand la patronne de Yahoo Marissa Mayer avait décidé d'obliger les employés à venir au bureau, pour "ressentir l'énergie et l'excitation" du travail en équipe. Désormais, les grands groupes du secteur technologique sont nombreux à encourager au contraire leurs employés à travailler de chez eux. La moitié de ceux de Facebook pourraient le faire de façon permanente d'ici cinq à dix ans, a annoncé leur patron Mark Zuckerberg.Twitter pour sa part compte autoriser certains de ses salariés à travailler depuis leur domicile de façon permanente, même lorsque les mesures de confinement seront entièrement levées.Et le mouvement déborde le cadre des mastodontes de la tech: le groupe automobile PSA veut faire du travail à distance la "référence" pour ses activités hors production. Ce qui ne laisse pas d'inquiéter les syndicats français: ils ont appelé à mettre d'abord en place un retour d'expérience sur le télétravail imposé durant le confinement, et à ne pas créer de "fracture" entre les employés en col blanc et le monde des usines.Temps de travailOù travailler, mais aussi combien de temps, quand le travail lui-même devient une denrée rare, pour cause de flambée du chômage et des plans sociaux?La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a évoqué la possibilité d'une semaine de travail de quatre jours afin de relancer l'économie. La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon en a également fait un sujet pour le déconfinement progressif.En France, le débat sur le temps de travail, qui resurgit à chaque crise depuis l'adoption par le pays de la semaine de 35 heures, n'a pas manqué de reprendre. Le patronat a appelé à "poser la question du temps de travail, des jours fériés et des congés payés" pour accompagner la reprise, tandis que les syndicats ont critiqué le "confinement des esprits" et le retour des "vieilles lunes"."C'est le moment pour les entreprises de prendre du recul et de se demander quelles formes traditionnelles du travail existent par la force de l'habitude plutôt que par nécessité", écrivent les chercheuses Bobbi Thomason et Heather Williams dans un article publié par le site de la Harvard Business Review.Evoquant leur propre cas de mères travaillant chez elles tout en s'occupant de leurs filles, elles poursuivent: "Les employeurs voient que les salariés ne peuvent pas travailler correctement sans prendre en compte leurs responsabilités familiales. Cette leçon sera-t-elle retenue après la pandémie?"RobotsLa progression galopante du chômage dans le monde pose une autre question: et si les employés licenciés aujourd'hui étaient remplacés demain par des... robots?Les images du chien-robot jaune de la société Boston Dynamics patrouillant à Singapour pour encourager au respect des mesures de distanciation ferait alors presque figure de bande-annonce du monde d'après, un monde dans lequel les machines livreraient des colis, nettoieraient des bureaux, serviraient des repas."L'automatisation tend à évoluer par bonds" et non de manière linéaire, en particulier "à la suite de chocs économiques", note Mark Muro, du centre de recherches Brookings de Washington, dans une note pour le site Economist Intelligence Unit.A l'heure où la distanciation et le souci de l'hygiène encouragent le recours aux machines pour des tâches répétitives, "il est possible que les travailleurs les moins payés, que les jeunes et que les minorités soient parmi les plus vulnérables", selon lui. Tandis que les emplois plus qualifiés pourraient eux être menacés par l'essor de l'intelligence artificielle, capable d'effectuer des projets de classement, évaluation ou planification.Face à ce risque de remplacement à grande échelle du travail humain par celui des machines, de nombreux magnats de la tech américaine sont ainsi favorables à la création d'un revenu universel, déconnecté de tout emploi, une idée portée en particulier par Andrew Yang, ex-candidat à la primaire démocrate.Le patron et fondateur de Twitter Jack Dorsey vient d'ailleurs de faire don de 5 millions de dollars à cette initiative.