Arnaud Tabery a fait ses classes à l'Ichec avant de faire ses armes dans le chocolat, plus exactement dans la gestion d'événements, du packaging et du marketing chez Pierre Marcolini, puis dans le secteur agro-alimentaire chez Mondelez.
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Arnaud Tabery a fait ses classes à l'Ichec avant de faire ses armes dans le chocolat, plus exactement dans la gestion d'événements, du packaging et du marketing chez Pierre Marcolini, puis dans le secteur agro-alimentaire chez Mondelez. Mais à l'approche de la quarantaine, l'envie de lancer sa propre entreprise a commencé à le tenailler. " Au départ, j'avais envie de racheter et développer une entreprise existante. Je suis alors tombé sur une petite société qui produisait des surfactants ( produits pour nettoyer des surfaces, Ndlr), avec laquelle j'ai discuté durant près d'un an. J'ai vite imaginé comment on pouvait les décliner dans le secteur automobile : une solution pour polir les cuivres pouvait être adaptée pour l'entretien des chromes, par exemple... Le deal ne s'est pas fait, mais l'idée est restée. J'avais déjà mon business plan et j'ai trouvé un sous-traitant, aux Etats-Unis, qui est parvenu à développer une gamme de produits biodégradables. Je ne voulais notamment pas d'acide, ni de silicone, je tenais aussi à noter et vulgariser les formulations des ingrédients, pour que les utilisateurs sachent exactement ce qu'ils utilisent. " Pas question toutefois de greenwashing. Arnaud se défend vivement de toute intention marketing : " C'est une question de valeur, explique ce papa de trois enfants. On ne peut pas, quand on crée une boîte aujourd'hui, ne pas penser au monde en devenir. Je fais d'ailleurs tout pour aller de plus en plus loin, pour tendre vers le 100 % biodégradable pour toute la gamme. Je suis malgré tout lucide : je bosse dans le secteur automobile et les voitures ne roulent pas encore à l'eau... Mais si les soins peuvent être neutres au maximum, c'est déjà un geste responsable. " Un argument louable, qui n'influence toutefois pas - " pas encore ", précise Arnaud - ses clients. " Ils trouvent cela bien, mais ce qui fait la différence, c'est le prix. Pour le moment, j'accepte de faire une marge réduite. " Qui sont ses clients ? Des passionnés de voitures ? " Je vise ceux que j'appelle les gentlemen modernes. Pas nécessairement des amateurs de voitures, même si ceux-ci restent les utilisateurs finaux, mais ceux qui aiment la mode, les belles choses, savourer un bon whisky, se balader dans la nature, posséder une belle voiture. Je suis entre le marché des oldtimers et des youngtimers. La clientèle est assez jeune. Ce sont des trentenaires ou des quadras qui investissent dans les voitures qui les ont fait rêver enfants. C'est assez niche, mais il existe malgré tout une grande communauté d'amateurs de voitures et de motos à qui ça parle. " Avec une dizaine de produits différents disponibles en ligne et dans une vingtaine de points de vente, Oakshed & Sons n'est pas encore rentable. " Mais je suis optimiste, lance Arnaud en souriant. Les retours sont très positifs. La marge est faible actuellement, mais j'espère l'augmenter à court ou moyen terme, engager du personnel (pour l'instant, je travaille seul) et, dès que possible, ouvrir mon centre de production en Belgique, ce qui réduira les coûts. Ceci dit, pour l'heure, un des postes les plus coûteux, c'est le marketing. " Car oui, entre les services d'un bureau de presse, les foires, salons et autres événements, la visibilité se paie cher. " Une inscription à un événement spécialisé peut monter jusque 2.000 euros, je dois vendre beaucoup de flacons pour rentrer dans mes frais. Mais c'est important d'y être présent. A côté de cela, je mise pas mal sur le bouche à oreille, les partenariats, j'en ai un par exemple avec la fédération de véhicules anciens et avec le VW Classic Club. "Par Sigrid Descamps.