Dans son communiqué, NJJ, la holding personnelle de Xavier Niel, précise avoir convenu avec Nethys d'acquérir "dans un délai court" le solde du capital d'Avenir Développement. Les autres 66% de Nice Matin sont détenus par les salariés du journal via une SCIC, une coopérative dans laquelle ils avaient investi leur 13e mois en 2014.

M. Niel a officialisé sa prise de contrôle d'Avenir Développement le jour même de la réunion en assemblée générale des quelque 450 salariés actionnaires de Nice-Matin. Lors de cette AG, ils devaient se pencher sur les deux offres sur la table pour ces 34% détenus par Avenir Développement: celle du patron de Free et celle d'Iskandar Safa, le magnat franco-libanais propriétaire de Valeurs Actuelles.

La réaction des salariés à cette annonce n'était pas encore connue vendredi après-midi. "Au mieux, (l'offre de M. Niel) est une ébauche de projet: ce sont beaucoup d'éléments de langage, mais pas de chiffres", avait commenté Romain Maksymowycz, délégué SNJ, auprès de l'AFP, début juillet.

En vertu du pacte d'actionnaires unissant Avenir Développement et la SCIC Nice-Matin, Avenir Développement devra acquérir ces 66% restant du capital du journal au 1er février 2020, pour un prix d'environ 925.000 euros, ce qui devrait offrir le contrôle total du quotidien à Xavier Niel, précise un courrier de NJJ signé de l'homme d'affaires envoyé jeudi.

Dans ce courrier, envoyé aux coopérateurs de la SCIC, à Jean-François Roubaud, le président du conseil de surveillance du groupe Nice Matin, et à Jean-Marc Pastorino, son président du directoire, M. Niel précise être "ouvert à une renégociation des termes de ce rachat, et notamment un prix supérieur".

Dans ce même courrier, Xavier Niel affirme sa volonté de "pérenniser le modèle économique de Nice Matin et de préserver son indépendance éditoriale". Sur ce dernier point, le patron de Free assure que les équipes de rédaction et leur direction seront conservées, avec en prime la création d'une société des rédacteurs.

M. Niel explique prendre ces engagements dans le cadre d'un plan baptisé "Projet 75", en référence au 75e anniversaire, en septembre, de la reprise du journal collaborationniste "Le Petit Niçois" par les hommes du groupe Combat. NJJ s'engage au passage à conserver le contrôle du groupe Nice-Matin pendant une durée minimale de cinq ans.

Avec cette prise de contrôle d'Avenir Développement, M. Niel dispose également de 11% du capital du groupe La Provence, dont l'actionnaire majoritaire est Bernard Tapie.