Moody's, qui a fait passer la note de "Caa1" à "Caa2", a précisé dans un communiqué que cette décision "reflétait la probabilité croissante d'un rééchelonnement de la dette ou d'une gestion des passifs qui pourrait constituer un défaut de paiement". Début octobre, l'agence de notation avait annoncé avoir mis "sous surveillance" la note souveraine du Liban, avertissant qu'elle pourrait la revoir à la baisse d'ici trois mois en l'absence d'amélioration économique. Mardi, elle a estimé que la "crise économique, sociale et politique libanaise s'était encore intensifiée". "Un vaste mouvement de contestation sociale, la démission du gouvernement et la perte de confiance des investisseurs ont de nouveau affaibli le modèle habituel de financement du Liban (...) menaçant la viabilité de la parité (livre libanaise-dollar américain) et la stabilité macroéconomique". Depuis le 17 octobre, le Liban est secoué par un soulèvement inédit rassemblant des centaines de milliers de manifestants, qui crient leur ras-le-bol face à une économie en crise mais aussi une classe politique jugée corrompue et incompétente, dominée depuis des décennies par les mêmes clans. Le soulèvement populaire a entraîné la démission le 29 octobre du Premier ministre, Saad Hariri, et de son gouvernement, qui continue toutefois de gérer les affaires courantes. Mardi, des centaines de manifestants sont à nouveau descendus dans les rues de Beyrouth, Tripoli et Saïda notamment, après des accrochages avec les forces de l'ordre qui essayaient de rouvrir les routes bloquées par les contestataires. L'économie libanaise souffre depuis des années d'une faible croissance et croule sous une dette culminant à 86 milliards de dollars, soit 150% du PIB, un des taux les plus élevés du monde. En janvier, Moody's avait abaissé la note de la dette libanaise de "B3" à "Caa1", qui signale un "risque de crédit très élevé". En août, Fitch Ratings a également baissé sa note, de B- à CCC, catégorie désignant "une réelle possibilité" de défaut de paiement. Quant à Standard and Poor's (S&P), elle a maintenu la note du pays à B mais l'a assortie d'une perspective négative. (Belga)