Si les gouvernements wallon et bruxellois avaient fermé le secteur à la mi-mars et que les fédérations patronales telles que Federgon et AtoutEI leur ont emboîté le pas, le front commun syndical constate que des entreprises commerciales de titre-service rappellent désormais leurs aides-ménèges. Ces entreprises sont "affiliées à Federgon", précise Sébastien Dupanloup, représentant de la FGTB. La société Trixxo en particulier est visée.

Les syndicats dénoncent des pressions exercées sur les aide-ménagères, en leur envoyant des messages leur affirmant que leurs collègues veulent continuer à travailler ou que les personnes âgées ont besoin d'elles. "Ces entreprises jouent avec la santé des travailleurs!", s'outrage le front commun syndical.

Il critique aussi une sorte de chantage économique: en revenant travailler, les aide-ménagères pourront percevoir leur salaire complet et recevoir des chèques-repas au lieu d'une allocation de chômage temporaire fixée à 70% de leur salaire. "C'est criminel, on joue sur le fait qu'elles n'ont pas beaucoup d'argent", s'exclame Sébastien Dupanloup. "Elles doivent choisir entre mourir et se nourrir." Le front commun syndical rappelle que "97% des travailleurs du secteur sont des femmes travaillant à temps partiel pour qui l'allocation n'est effectivement pas une solution durable."

AtoutEI pointe du doigt le gouvernement flamand, qui a décidé d'augmenter les taux de remboursement des chèques de 8,64 euros par heure pendant un mois: au lieu d'être remboursés à hauteur de 23,36 euros, ils le sont à 32 euros. Elle pointe que chaque heure prestée augmentera les revenus de l'entreprise de 37%, ce qui "va pousser les entreprises à prendre des risques et remettre leurs collaborateurs le plus rapidement possible au travail". "Alors que le gouvernement fédéral pousse à un confinement, certes peut-être trop léger, la Flandre demande à ses entreprises titre-services de reprendre le travail. Cherchez l'erreur...", dénonce la fédération wallonne.

Cette prime doit absorber les surcoûts liés à la crise, comme les équipements de protection. Mais, à l'instar des syndicats, la fédération wallonne s'interroge alors que la pénurie fait rage. "Est-ce réaliste de penser que les entreprises vont recevoir du matériel pour les aide-ménagères?"

L'entreprise Familiehulp, active en Flandre et à Bruxelles, se dit-elle, dans un communiqué, "reconnaissante de l'apport d'oxygène" apporté par les mesures du gouvernement flamand. "La crise actuelle a de sérieuses conséquences sur le secteur. Sept entreprises sur dix sont fermées. Celles qui demeurent ouvertes offrent un service diminué ou minimum principalement destiné aux clients vulnérables. Beaucoup d'entreprises du secteur ont aussi placé leurs travailleurs en chômage temporaire", détaille Familiehulp.

"Nous sommes convaincus qu'en cette période, le nettoyage est essentiel pour de nombreuses personnes", souligne Ann Demeulemeester, directrice générale, citée dans le communiqué. "Surtout pour les personnes avec un handicap, celles qui vivent seules, les milliers de prestataires des soins de santé, les personnes qui travaillent dans le secteur alimentaire et les familles qui se retrouvent sous pression dans cette situation. Nous avons besoin d'une aide-ménagère à domicile et d'un soutien hygiénique."

La fédération patronale wallonne et les syndicats relèvent eux que les mesures de distanciation sociale ne sont pas toujours applicables dans le secteur. "La maison idéale, rêvée par le ministre-président flamand, est loin d'être la réalité de tout un chacun. Dans de nombreuses situations, il n'est pas possible d'éviter de se croiser en installant chaque enfant dans sa chambre et les parents dans leur bureau, le temps que l'aide-ménagère puisse travailler sans contact avec les habitants", lance AtoutEI, dans une critique acerbe de Jan Jambon qui avait émis son souhait de voir davantage de gens au travail, visant notamment les titre-services.

AtoutEI note enfin que "cette politique risque d'avoir des effets pervers en matière de concurrence entre les entreprises". Elle plaide pour que la fermeture du secteur des titres-services soit imposée "dans toute la Belgique" tandis que les syndicats demandent à la Première ministre Sophie Wilmès d'user des pouvoirs spéciaux qui ont été accordés au gouvernement fédéral pour "protéger les plus faibles".

Si les gouvernements wallon et bruxellois avaient fermé le secteur à la mi-mars et que les fédérations patronales telles que Federgon et AtoutEI leur ont emboîté le pas, le front commun syndical constate que des entreprises commerciales de titre-service rappellent désormais leurs aides-ménèges. Ces entreprises sont "affiliées à Federgon", précise Sébastien Dupanloup, représentant de la FGTB. La société Trixxo en particulier est visée. Les syndicats dénoncent des pressions exercées sur les aide-ménagères, en leur envoyant des messages leur affirmant que leurs collègues veulent continuer à travailler ou que les personnes âgées ont besoin d'elles. "Ces entreprises jouent avec la santé des travailleurs!", s'outrage le front commun syndical. Il critique aussi une sorte de chantage économique: en revenant travailler, les aide-ménagères pourront percevoir leur salaire complet et recevoir des chèques-repas au lieu d'une allocation de chômage temporaire fixée à 70% de leur salaire. "C'est criminel, on joue sur le fait qu'elles n'ont pas beaucoup d'argent", s'exclame Sébastien Dupanloup. "Elles doivent choisir entre mourir et se nourrir." Le front commun syndical rappelle que "97% des travailleurs du secteur sont des femmes travaillant à temps partiel pour qui l'allocation n'est effectivement pas une solution durable."AtoutEI pointe du doigt le gouvernement flamand, qui a décidé d'augmenter les taux de remboursement des chèques de 8,64 euros par heure pendant un mois: au lieu d'être remboursés à hauteur de 23,36 euros, ils le sont à 32 euros. Elle pointe que chaque heure prestée augmentera les revenus de l'entreprise de 37%, ce qui "va pousser les entreprises à prendre des risques et remettre leurs collaborateurs le plus rapidement possible au travail". "Alors que le gouvernement fédéral pousse à un confinement, certes peut-être trop léger, la Flandre demande à ses entreprises titre-services de reprendre le travail. Cherchez l'erreur...", dénonce la fédération wallonne. Cette prime doit absorber les surcoûts liés à la crise, comme les équipements de protection. Mais, à l'instar des syndicats, la fédération wallonne s'interroge alors que la pénurie fait rage. "Est-ce réaliste de penser que les entreprises vont recevoir du matériel pour les aide-ménagères?" L'entreprise Familiehulp, active en Flandre et à Bruxelles, se dit-elle, dans un communiqué, "reconnaissante de l'apport d'oxygène" apporté par les mesures du gouvernement flamand. "La crise actuelle a de sérieuses conséquences sur le secteur. Sept entreprises sur dix sont fermées. Celles qui demeurent ouvertes offrent un service diminué ou minimum principalement destiné aux clients vulnérables. Beaucoup d'entreprises du secteur ont aussi placé leurs travailleurs en chômage temporaire", détaille Familiehulp. "Nous sommes convaincus qu'en cette période, le nettoyage est essentiel pour de nombreuses personnes", souligne Ann Demeulemeester, directrice générale, citée dans le communiqué. "Surtout pour les personnes avec un handicap, celles qui vivent seules, les milliers de prestataires des soins de santé, les personnes qui travaillent dans le secteur alimentaire et les familles qui se retrouvent sous pression dans cette situation. Nous avons besoin d'une aide-ménagère à domicile et d'un soutien hygiénique." La fédération patronale wallonne et les syndicats relèvent eux que les mesures de distanciation sociale ne sont pas toujours applicables dans le secteur. "La maison idéale, rêvée par le ministre-président flamand, est loin d'être la réalité de tout un chacun. Dans de nombreuses situations, il n'est pas possible d'éviter de se croiser en installant chaque enfant dans sa chambre et les parents dans leur bureau, le temps que l'aide-ménagère puisse travailler sans contact avec les habitants", lance AtoutEI, dans une critique acerbe de Jan Jambon qui avait émis son souhait de voir davantage de gens au travail, visant notamment les titre-services. AtoutEI note enfin que "cette politique risque d'avoir des effets pervers en matière de concurrence entre les entreprises". Elle plaide pour que la fermeture du secteur des titres-services soit imposée "dans toute la Belgique" tandis que les syndicats demandent à la Première ministre Sophie Wilmès d'user des pouvoirs spéciaux qui ont été accordés au gouvernement fédéral pour "protéger les plus faibles".