Les prix élevés pratiqués dans l'horeca et les télécoms vont-ils étouffer les gains de compétitivité enregistrés ces dernières années par l'économie belge ? L'Institut des comptes nationaux a en effet relevé, dans un rapport publié début décembre, que ces secteurs sont les principaux responsables de l'écart d'inflation constaté avec les pays voisins. L'illustration la plus caricaturale provient des services télécoms : entre 2008 et 2016, leurs prix ont augmenté de 6,5 % chez nous, quand ils baissaient de 23 % en France et de 14 % aux Pays-Bas.
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Les prix élevés pratiqués dans l'horeca et les télécoms vont-ils étouffer les gains de compétitivité enregistrés ces dernières années par l'économie belge ? L'Institut des comptes nationaux a en effet relevé, dans un rapport publié début décembre, que ces secteurs sont les principaux responsables de l'écart d'inflation constaté avec les pays voisins. L'illustration la plus caricaturale provient des services télécoms : entre 2008 et 2016, leurs prix ont augmenté de 6,5 % chez nous, quand ils baissaient de 23 % en France et de 14 % aux Pays-Bas. " Un peu d'inflation, c'est plutôt bien, vu le niveau d'endettement, analyse l'économiste Philippe Defeyt. Mais quand vous couplez cela avec une logique d'indexation des salaires - ce que je défends - cela peut conduire à un problème de compétitivité. " Avec le saut d'index et les réductions de cotisations sociales, la Belgique avait comblé l'écart de coût salarial qui s'était creusé avec les pays voisins depuis 1996. La reprise de l'indexation pourrait ici inverser les tendances. De quoi inquiéter le gouvernement fédéral, alors qu'il enregistre de bons résultats sur le front de l'emploi. Quelque 100.000 jobs ont en effet été créés depuis la formation du gouvernement Michel et la Banque nationale en attend 120.000 de plus sur les trois prochaines années. " Il n'y a pas d'effet magique avec l'arrivée d'une nouvelle coalition, contrairement à ce qu'on essaie chaque fois de faire croire ", sourit Philippe Defeyt. Il a pris sa calculette pour montrer que, proportionnellement, plus d'emplois avaient été créés en 2010-2011 durant les 541 jours sans gouvernement que maintenant depuis l'installation de l'équipe de Charles Michel. Par ailleurs, si des postes ont bien été créés, ils ne décollent pas par rapport aux projections antérieures à politique inchangée et ne suffisent pas à améliorer le taux d'emploi. Celui-ci pâtit de l'évolution démographique et de la part croissante d'étudiants parmi les 18-25 ans. " Les flux vont cependant s'inverser dans les prochaines années ", assure Philippe Defeyt. A ce moment-là, des mesures comme celle prévoyant zéro cotisation sur le premier emploi (qui sera par ailleurs renforcée en 2017) pourront prendre leur rythme de croisière. Sauf si l'inflation vient perturber le jeu. C'est pourquoi le ministre de l'Economie Kris Peeters (CD&V) avait sollicité cet été les conseils de l'Observatoire des prix, du Bureau du Plan et de la Banque nationale, sous l'égide de l'Institut des comptes nationaux. Celui-ci présentera un rapport plus complet au printemps. Que peut faire le politique d'ici là ? " Dans les télécoms, en ce compris les services de télévision, je pense que les autorités politiques peuvent peser sur les prix en oeuvrant pour un renforcement de la concurrence, répond Philippe Defeyt. En revanche, c'est beaucoup plus compliqué dans l'horeca car il n'y a pas de produits homogènes, un restaurant peut adapter sa carte. " La hausse des prix dans l'horeca s'explique par une croissance de la masse salariale déclarée, du fait des caisses intelligentes. Mais rappelons quand même qu'une baisse de TVA (12 % au lieu de 21) avait été introduite pour adoucir ce passage aux caisses intelligentes...