Le président de la FGTB, Robert Vertenueil, premier à sortir de la table des négociations, préférait évoquer un "avant-projet d'accord" et se refusait à entrer dans les détails. "Cet avant-projet est fait de tellement d'équilibres et de précisions qu'il est impossible de dire s'il est bon ou s'il est mauvais", a commenté le responsable du syndicat socialiste, ajoutant que la méthode et l'ambiance des discussions étaient positives.

Le président de la CSC, Marc Leemans, a, lui, décrit des négociations tendues et difficiles. La secrétaire générale du syndicat chrétien, Marie-Hélène Ska, a confirmé que la marge salariale de 1,1% avait bien été retenue dans le texte. Les partenaires sociaux ont donc suivi l'avis du Conseil central de l'Economie, qui a récemment réévalué cette marge d'augmentation salariale pour la porter au même niveau que ces deux dernières années. Concernant le salaire minimum par contre, il a été augmenté de 1,1%, soit 10 centimes de l'heure, largement en deçà de la hausse de 10% escomptée par le syndicat socialiste notamment. "Nous tablions sur plus", a reconnu mardi matin Miranda Ulens, secrétaire générale de la FGTB.

Représentants des travailleurs et employeurs ont toutefois convenu de mettre sur pied un groupe de travail chargé d'examiner comment augmenter de façon "substantielle" les salaires minima. Mme Ska s'est félicitée du maintien d'un système de crédit-temps devant permettre aux travailleurs de mieux équilibrer leurs vies professionnelle et privée. Concernant les fins de carrière, il est encore possible pendant deux ans et demi, selon le projet de texte, d'accéder à la prépension à 59 ans pour les longues carrières et les métiers lourds. Pour les entreprises en difficultés et en restructuration, l'âge de la prépension a été rehaussé et passera de 56 à 58 ans cette année, 59 ans en 2020 et 60 ans fin 2020.

CSC et FGTB présenteront le texte à leurs instances dans les prochaines heures. "C'est elles qui doivent marquer ou non leur accord." Le syndicat chrétien prévoit d'avoir une réponse de ses membres au plus tard le 26 mars. Plus convaincue, la CGSLB s'est, elle, engagée à défendre le projet d'accord auprès de ses membres. "Il y a de la matière et nous le défendrons. Reste à voir si cela suffira", a commenté Mario Coppens, président national du syndicat libéral. Le ton était plus enthousiaste côté patronal. "La réunion a été difficile et longue, mais nous sommes très contents d'avoir trouvé un projet d'accord", a déclaré Bernard Gilliot, président de la FEB. Il va maintenant soumettre le texte au Premier ministre Charles Michel.

L'administrateur délégué de la FEB, Pieter Timmermans, a lui évoqué un "fair deal", combinant les matières économiques, écologiques et sociales. Le patronat a obtenu de porter le nombre d'heures supplémentaires par an à 120 par travailleur contre 100 actuellement. En termes de mobilité, les indemnités pour les transports publics seront rehaussées en deux temps, à partir du 1er juillet 2019 et 2020. "Nous allons défendre auprès de nos membres cet accord qui permet de renforcer la position concurrentielle des entreprises" tout en octroyant des avancées aux travailleurs, en matière de mobilité notamment, a conclu M. Timmermans. L'Unizo également s'engage à défendre un texte qui va offrir "plus de flexibilité aux entreprises".