Des piscines, des crèches, des zones portuaires, des halls relais agricoles, des infrastructures touristiques, etc. Les premiers projets concrets du plan wallon d'investissement ont été validés par le gouvernement régional. Ils pèsent ensemble quelque 600 millions d'euros. L'enveloppe principale concerne l'équipement de 810 ha de terrains industriels, répartis dans 34 zones d'activité économique, ainsi que la réhabilitation de 98 sites industriels. La reconversion du site de Caterpillar à Gosselies (98 ha) est incluse dans le programme. Il s'agit toutefois d'une solution de repli, l'option prioritaire restant la reprise totale ou partielle du site par un investisseur (des marques d'intérêt sont venues de Chine).

Une partie des chantiers devrait donc commencer dans les prochains mois, avant donc les élections régionales de mai 2019. Une manière pour le gouvernement de Willy Borsus de montrer que son plan d'investissement concerne bel et bien la législature actuelle et que tout n'est pas, en réalité, reporté au prochain gouvernement. Le plan d'investissement s'étale jusqu'en 2024, pour une facture totale de 5 milliards d'euros.

Francis Carnoy, directeur de la Confédération construction wallonne © PG

Le défi n'est toutefois pas uniquement budgétaire mais aussi, et de manière beaucoup plus terre à terre, celui de la main-d'oeuvre disponible. L'emploi salarié dans la construction est reparti à la hausse cette année après quatre années de baisse et des pénuries de main- d'oeuvre se font déjà sentir dans de nombreux métiers (conducteurs d'engin, couvreur, monteur de structures bois, chauffagiste, etc). Le taux de vacance d'emploi est de 4 % dans le secteur et grimpe jusqu'à 10 % dans certains segments. Conséquence : sans une action concertée des pouvoirs publics, des employeurs, des organismes de formation et des syndicats, les 5.000 à 6.000 emplois que devraient générer les chantiers du plan d'investissement risquent d'échapper aux entreprises wallonnes. " Nous saluons évidemment le retour des investissements publics, confie Francis Carnoy, directeur de la Confédération construction wallonne. Mais on ne rattrape pas 25 ans de sous-investissement subitement en cinq ans. Les entreprises ont besoin d'étalement et de prévisibilité pour investir dans des hommes et des équipements. C'est indispensable si nous voulons renforcer l'effet levier local de ce plan. "

Francis Carnoy réclame une réduction de 6 euros/heure du coût salarial dans le secteur afin de lutter contre la concurrence intra-européenne, et un effort accru sur l'orientation des demandeurs d'emploi vers des formations aux métiers de la construction. " Les entreprises du secteur sont prêtes à s'impliquer dans ces formations, via l'alternance, poursuit-il. J'aimerais que les syndicats quittent cette posture du déni des pénuries et qu'ils envoient des messages positifs aux demandeurs d'emploi peu qualifiés (les qualifiés sont déjà recrutés) afin qu'ils s'inscrivent dans cette dynamique. "