L'épargne-carrière fait partie de la loi sur le travail faisable et maniable de 2017. Elle constitue en quelque sorte un assouplissement du droit de s'absenter au travail. Elle permet en effet d'offrir aux salariés la possibilité d'épargner, au cours de leur carrière, un crédit d'heures ou de jours et d'utiliser le solde épargné en temps voulu, tout en conservant leur salaire. Une solution qui répond aux désirs du personnel de s'absenter plus longtemps de son travail à un moment donné de sa carrière, analyse Acerta. Une entreprise sur trois offre actuellement une telle possibilité d'"achat", selon l'étude. Pourtant, le cadre légal n'existe pas encore. La consultation sociale qui doit concrétiser les possibilités au niveau des secteurs est en effet difficile, d'après le prestataire de services RH. Les comités paritaires de l'industrie chimique, de l'industrie pétrolière et commerciale et du secteur des employés avaient mis l'épargne-carrière à l'agenda. Ils ont jusqu'au 15 septembre pour se mettre d'accord et aboutir à une convention collective de travail. Si ce n'est pas le cas, après cette date, les entreprises pourront alors elles-mêmes choisir d'introduire l'épargne-carrière. Près de 70% (67,6%) des employeurs se disent en tous les cas ouverts au concept, qu'ils voient comme une alternative au crédit-temps et au congé parental, ainsi qu'un moyen de répondre aux souhaits de leurs travailleurs, d'augmenter la rétention et de favoriser leur employabilité. La seule véritable réserve qu'ils émettent est que cette épargne-carrière ne doit pas impliquer une hausse des frais salariaux. Les patrons estiment aussi que si un travailleur prend des jours qu'il a épargnés dans une autre entreprise que la leur, ce ne sera alors pas au nouvel employeur de payer. Ce concept de "sac à dos" ne représente d'ailleurs pas un frein à l'embauche puisque 63% d'entre eux auraient bel et bien embauché le candidat ayant épargné du temps de la sorte. (Belga)