Il s'agit de la troisième requête de ce type, et de la première depuis que l'homme d'affaires franco-libano-brésilien a changé d'équipe de défense. Il avait dans un premier temps choisi un ex-procureur, Motonari Otsuru. Mais face à l'attitude jugée passive de ce dernier et aux rejets de ses demandes de remise en liberté, M. Ghosn a décidé de faire appel à des vétérans du barreau, parmi lesquels Junichiro Hironaka, surnommé "l'innocenteur". "Les procureurs le gardent en détention parce qu'il n'avoue pas. Je voudrais que les gens se demandent si c'est approprié du point de vue des normes internationales", avait fustigé l'avocat la semaine dernière devant la presse. De son côté, le juge a mis en avant les risques de fuite et d'altération des preuves pour justifier le maintien en détention du magnat de l'automobile. Carlos Ghosn, dont l'arrestation a secoué le monde des affaires, a été inculpé pour avoir minimisé, dans les rapports de Nissan remis aux autorités boursières, une partie de ses revenus pour un montant de 9,23 milliards de yens (74 millions d'euros) de 2010 à 2018. Il a également été mis en examen pour abus de confiance. Il risque jusqu'à 15 ans de prison. Lui se dit innocent et crie au "complot", assurant qu'on a voulu l'éliminer du jeu pour contrer son projet d'intégration des trois compagnies de l'alliance: Renault, Nissan et Mitsubishi Motors. (Belga)