Les chiffres sont éloquents : en 2019, l'activité de services a généré 17% de l'Ebitda d'Engie, contre à peine 10% cinq ans plus tôt. D'année en année, le groupe se mue progressivement en une société de services. Et cette évolution devrait se poursuivre, soutenue notamment par les préoccupations environnementales. " Tout ce qui touche à la transition climatique et à une société plus durable restera en haut de l'agenda, estime Philippe Van Troeye, CEO d'Engie-Benelux. C'est le coeur du métier d'Engie Solutions qui aura, j'en suis convaincu, un haut niveau d'activité. Si nous voulons respecter les objectifs de décarbonisation, il faudra nécessairement investir dans les bâtiments, dans l'industrie, dans la mobilité, etc. "
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Les chiffres sont éloquents : en 2019, l'activité de services a généré 17% de l'Ebitda d'Engie, contre à peine 10% cinq ans plus tôt. D'année en année, le groupe se mue progressivement en une société de services. Et cette évolution devrait se poursuivre, soutenue notamment par les préoccupations environnementales. " Tout ce qui touche à la transition climatique et à une société plus durable restera en haut de l'agenda, estime Philippe Van Troeye, CEO d'Engie-Benelux. C'est le coeur du métier d'Engie Solutions qui aura, j'en suis convaincu, un haut niveau d'activité. Si nous voulons respecter les objectifs de décarbonisation, il faudra nécessairement investir dans les bâtiments, dans l'industrie, dans la mobilité, etc. " Engie Solutions, voilà un nouveau nom dans la galaxie du groupe énergétique, et si les pronostics se confirment, un nom que vous devriez entendre souvent. Cette structure, lancée officiellement le 1er juillet, regroupe en effet les activités menées jusqu'à présent par trois entités bien connues des entreprises belges : Fabricom (installations et services techniques), Cofely (efficacité énergétique) et Axima (climatisation, réfrigération). Ce découpage par métier avait peut-être tout son sens quand Fabricom a été créée il y a 70 ans. Mais aujourd'hui, Engie trouve plus pertinent d'offrir aux clients un interlocuteur unique pour ces métiers qui parfois se recoupent ou se succèdent sur un même projet. Le groupe mène d'ailleurs des transformations similaires dans d'autres pays, en particulier en France et au Royaume-Uni. " Nous parlerons d'une seul voix face au client, explique Mark Dirckx, directeur du département Industries. Toutes les compétences, toutes les capacités techniques seront réunies et coordonnées. " Et de citer l'exemple de l'hôpital qui faisait appel à Fabricom pour ses installations électriques, à Axima pour ses installations HVAC et à Cofely pour la maintenance de ses bâtiments. Dorénavant, il bénéficiera d'un contact unique chez Engie Solutions qui s'occupera de tous ces postes d'intervention et lui calculera le gain écologique et financier de la combinaison des solutions adaptées à ses besoins. Ensemble, les trois anciennes filiales réunissaient 30% du marché des services techniques aux entreprises en Belgique. L'ambition est de gonfler encore cette part de marché grâce à la clarification de l'offre. Plusieurs écueils peuvent toutefois se mettre en travers de la route. Le premier, c'est celui du mastodonte : une structure devenue trop lourde pour se comporter avec agilité sur les marchés. Deux éléments devraient permettre à Engie Solutions de le contourner. D'une part, l'entreprise restera divisée en trois départements, mais en suivant désormais un découpage non plus sur les métiers mais sur le type de clientèle : industrie, bâtiments, villes et pouvoirs publics. " Avec le renouvelable, le système énergétique se déplace de toute façon vers les clients, avec des installations de production de plus petite taille et mieux intégrées, résume Philippe Van Troeye. Nous nous éloignons du modèle historique d'Electrabel en tant qu'exploitant de grandes unités centralisées. " D'autre part, en maintenant les 56 implantations à travers le pays, afin de préserver une proximité bien dans l'air du temps. " Nous fonctionnons avec des petites équipes autonomes et un esprit très PME, précise Stan de Pierpont, responsable du département Villes d'Engie Solutions. Cela contribue à la motivation et à la satisfaction du personnel. Même dans un grand groupe, on peut préserver une dimension humaine. " Le deuxième écueil, c'est celui, classique, de l'intégration des équipes. " Embarquer les collaborateurs des trois anciennes entités dans ce nouveau projet, c'est un fameux challenge, concède Natalie Dewulf, directrice du département Bâtiments. Hier, nous étions parfois sur un même chantier mais sans nous connaître. Désormais, nous agirons en équipe. Il y a toute une nouvelle culture d'entreprise à construire. " Le découpage en segments plutôt qu'en métiers devrait y aider. Il poussera fatalement des personnes issues d'anciennes filiales à travailler ensemble ce qui va, selon Mark Dirckx, " casser l'effet de silos ". Le personnel pourra bénéficier de formations pointues grâce au lancement en parallèle d'une Engie Academy. " Dans notre secteur, trouver la main-d'oeuvre qualifiée est un frein au développement ", explique Stan de Pierpont. L'académie va nous aider à amener les collaborateurs au niveau attendu, elle nous permettra d'engager, le cas échéant, des profils qui ne correspondent pas en tous points à nos besoins et de les former ensuite. " Dès cette année, un millier de collaborateurs (sur les 9.600 d'Engie Solutions) devraient bénéficier de ces formations internes. Des partenariats avec les organismes régionaux de formation et de placement devraient soutenir l'inititiative. Le troisième écueil ne dépend pas d'Engie mais des porteurs de projet : auront-ils encore les moyens, après la crise que nous connaissons, d'investir des montants conséquents dans la transition écologique ? La réponse dépendra de l'ampleur des différents plans de relance qui devraient être déposés dans les prochains mois. " La période que nous venons de vivre aura un fort impact sur les mentalités, analyse Stan de Pierpont. Nous avons découvert combien nous étions attachés à notre mode de vie, à nos libertés. Pour préserver cela, nous devons lutter contre le réchauffement climatique. En ce sens, la crise sanitaire devrait relancer la volonté d'investir pour un monde plus durable. " Mobilité durable et intelligente, data centers plus verts, digitalisation des entreprises, production locale d'énergie renouvelable, gestion énergétique de bâtiments, installation de systèmes HVAC respectueux de l'environnement, etc., la panoplie de l'expertise que peut apporter Engie Solutions aux entreprises, aux propriétaires et aux autorités publiques qui souhaitent investir dans la transition est suffisamment large pour entrevoir l'avenir avec optimisme. Le groupe est aussi bien présent dans le domaine sanitaire, que ce soit directement dans les hôpitaux ou dans les usines pharmaceutiques. " Si l'on construit de nouvelles lignes de production pour un vaccin, on fait appel à pas mal de compétences d'Engie Solutions, ajoute Philippe Van Troeye. Des entreprises comme GSK, Johnson & Johnson ou d'autres sont des clients habituels de nos entités de services. " Le succès des formules de type DBFMO (Design - Build - Finance - Maintain - Operate) devrait aussi rassurer les acteurs publics. Le prix d'un bâtiment ou d'un équipement se calcule alors sur 25 ans, en incluant la maintenance et au moins une partie des risques de fonctionnement. " Cela permet au donneur d'ordre de ne plus avoir de coûts cachés, conclut Natalie Dewulf. Nous ne vendons pas seulement un équipement mais des services. Nous pouvons aussi offrir la solution de financement. "