La crise du coronavirus inflige à la Chine la pire crise économique depuis l'ère maoïste. Au premier trimestre, le PIB a reculé de 6,8 % par rapport à la même période l'an dernier, mais de 9,8 % face au trimestre précédent. C'est une première depuis que le pays a commencé, en 1992, à publier ses statistiques économiques trimestrielles. Le chômage, toujours aux alentours des 5 %, a...

La crise du coronavirus inflige à la Chine la pire crise économique depuis l'ère maoïste. Au premier trimestre, le PIB a reculé de 6,8 % par rapport à la même période l'an dernier, mais de 9,8 % face au trimestre précédent. C'est une première depuis que le pays a commencé, en 1992, à publier ses statistiques économiques trimestrielles. Le chômage, toujours aux alentours des 5 %, a grimpé à 6 %, une statistique que de nombreux observateurs jugent très en-deçà de la réalité. Les ventes dans le secteur retail ont chuté de 16 % en mars (20 % en moyenne sur janvier et février). La production industrielle a repris un peu de couleur depuis l'allègement des confinements avec un recul de 1,1 % en mars pour une baisse de 13,5 % en janvier. A ce jour, le taux d'activité tournerait aux alentours des 81 %. Mais les 20 % restants vont être les plus compliqués à récupérer. Et pour cause, la consommation intérieure est très largement en berne. Le revenu des ménages va baisser cette année en raison des périodes de chômage et les contraintes très rigides pour entrer dans les restaurants, les boutiques ou les infrastructures de mobilité n'incitent pas les Chinois à consommer. Sur un plan industriel, les choses ne se présentent pas bien non plus. Très dépendantes des exportations, les usines chinoises font face à des interruptions de leurs lignes logistiques tandis que les restrictions de voyage les privent d'une partie de leurs employés. UBS estime ainsi que 20 millions de travailleurs ont perdu leur job dans l'industrie et la construction ou ont été incapables de rejoindre leur entreprise. Enfin, l'effondrement des économies occidentales prive les entreprises chinoises de la plupart de leurs clients. Cette demande, dont la baisse fut brutale, ne va pas s'améliorer dans un avenir immédiat. D'autant que de nombreuses entreprises européennes réfléchissent à relocaliser leurs productions ou fournisseurs.