Crowdsourcing. On pourrait traduire ce mot anglais par " l'approvisionnement par la foule " ou, plus judicieux, " la production participative ". Pas vraiment nouveau, le phénomène est apparu il y a quelques années déjà et consiste à inclure le grand public dans le processus créatif d'une marque ou d'un produit.
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Crowdsourcing. On pourrait traduire ce mot anglais par " l'approvisionnement par la foule " ou, plus judicieux, " la production participative ". Pas vraiment nouveau, le phénomène est apparu il y a quelques années déjà et consiste à inclure le grand public dans le processus créatif d'une marque ou d'un produit. Adapté à toutes les sauces par les fins limiers du marketing, cette arme de séduction massive est brandie régulièrement sur les réseaux sociaux et les Belges n'échappent pas à cette tendance récurrente. Preuve en est avec ces deux initiatives ludiques qui se sont télescopées et qui touchent chacune un symbole national. La première émane de Brussels Airlines et visait à trouver " de nouvelles idées aussi folles que surprenantes pour mettre la Belgique à l'honneur ". En clair : un nouveau thème graphique pour habiller un avion de la compagnie aérienne. Déjà doté de quatre appareils emblématiques aux couleurs de Magritte, de Tintin, des Diables Rouges et du festival Tomorrowland, Brussels Airlines voulait à nouveau colorer l'un de ses Airbus A320 avec un personnage, un lieu ou un objet emprunt de belgitude. L'objectif est non seulement de faire parler la marque à moindres frais, mais aussi d'inclure le grand public dans le processus créatif puisque c'est lui qui a choisi au final le thème retenu. Clôturé le 31 août dernier, le concours a généré plus de 1.400 propositions où les Schtroumpfs, les frites, Toots Thielemans et les choux de Bruxelles ont tenu la vedette. Et ce sont finalement les Schtroumpfs qui orneront le cinquième avion icône de Brussels Airlines. Ainsi en a décidé un jury de six personnalités belges (Eric Domb, Yves Mattagne, Olivia Borlée, Paul Dujardin, le musicien Netsky et les frères Beers, créateurs de Tomorrowland) et au bout du processus les internautes.Appliquant les mêmes recettes marketing, l'Union belge de football a lancé à son tour une vaste opération de crowdsourcing. L'idée n'est pas ici de dessiner un avion, mais bien la mascotte officielle des Diables Rouges. Contrairement à d'autres pays, la Belgique ne dispose étonnamment pas de totem pour son équipe nationale et c'est précisément pour combler cette lacune que la banque ING, sponsor officiel des Diables, et son agence de pub Mortierbrigade ont imaginé cette action en collaboration avec l'Union belge. Au coeur du processus créatif, les supporters belges avaient jusqu'au 24 septembre pour envoyer leur mascotte idéale qui sera décortiquée par un jury d'experts. Ceux-ci retiendront 11 créations qui seront alors soumises aux Diables Rouges en personne, avant que les trois finalistes retenus ne soient soumis au vote décisif du public. Comme pour Brussels Airlines, la motivation principale de l'Union belge de football et de son sponsor ING est de s'offrir évidemment une caisse de résonance médiatique. En impliquant les internautes dans la réalisation d'un nouvel avion ou d'une mascotte inédite, ces marques créent non seulement un lien de proximité avec leurs clients et/ou leurs supporters, mais elles les valorisent pour encourager davantage la diffusion de leur propre image sur les réseaux sociaux. " Mini prix, mais il fait le maximum ", dirait cette vieille pub des années 1980.