"Toutes le marques seront présentes ", assure Jean-Paul Renaux, président du comité Salon à la Febiac (Fédération belge de l'automobile et du cycle), histoire de montrer que le Brussels Motor Show continuera à faire exception dans le secteur. Beaucoup de salons, bien plus prestigieux que celui de Bruxelles, tels ceux de Genève ou de Paris, souffrent en effet, édition après édition, d'une défection importante de marques. Au point que le concept de salon est lui-même en cause. Le dernier en date, Francfort, en septembre, était surtout fréquenté par les marques allemandes. Toyota, Mitsubishi, Renault, Fiat, Nissan, General Motors, Volvo, Jeep, Peugeot, Citroen, Alfa Romeo et Suzuki et en étaient absentes.
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"Toutes le marques seront présentes ", assure Jean-Paul Renaux, président du comité Salon à la Febiac (Fédération belge de l'automobile et du cycle), histoire de montrer que le Brussels Motor Show continuera à faire exception dans le secteur. Beaucoup de salons, bien plus prestigieux que celui de Bruxelles, tels ceux de Genève ou de Paris, souffrent en effet, édition après édition, d'une défection importante de marques. Au point que le concept de salon est lui-même en cause. Le dernier en date, Francfort, en septembre, était surtout fréquenté par les marques allemandes. Toyota, Mitsubishi, Renault, Fiat, Nissan, General Motors, Volvo, Jeep, Peugeot, Citroen, Alfa Romeo et Suzuki et en étaient absentes. " On nous demande de venir présenter notre approche dans des congrès internationaux ", ajoute Jean-Paul Renaux. Car non seulement toutes les marques présentes sur le marché belge sont au salon mais, en plus, il y en a de nouvelles, comme Polestar, la marque de voitures électriques de Volvo (groupe Geely). Le Brussels Motor Show - le plus grand salon du pays en termes de fréquentation - tient bon : " Nous comptons arriver à nos meilleurs niveaux, autour des 500.000 visiteurs ", indique Pierre Lalmand, son directeur général. Ce sera néanmoins le salon de la mesure car il durera un jour de moins que les années précédentes. Il ouvrira ses portes au public du vendredi 10 au dimanche 19 janvier. Il comptera aussi un palais de moins : le palais 10, qui abritait en 2019 #WeAreMobility, consacré aux mobilités alternatives (voitures partagées, offres de multimodalité, réseaux de bornes de recharge électriques, etc.) ne sera plus utilisé. Le chiffre d'affaires du salon devrait légèrement reculer, de moins de 5%. " Nous avons décidé de mieux mettre en valeur #WeAreMobility en le déplaçant dans le patio, juste sur le passage des visiteurs, après l'entrée ", précise Pierre Lalmand. Ce déménagement de #WeAreMobility va augmenter son exposition car il durera toute la durée du salon, et non plus quelques jours comme c'était le cas depuis le lancement de cette thématique en 2017.Les réajustements ne remettent pas en cause le palais consacré aux voitures d'exception, Dream Cars (Rolls-Royce et autres véhicules hors catégorie, 40 modèles au total). Cette approche plus compacte est un compromis. Les coûteux stands à étage seront moins nombreux. L'année 2019 n'a effectivement pas été bonne pour tout le monde. Malgré un léger recul dans le nombre des immatriculations sur les 11 premiers mois (-1,88%), elle reste globalement favorable, avec 516.536 voitures immatriculées. Mais certaines marques ont connu une érosion plus forte, comme Nissan (-31,52 %), Renault (-8,1 %) et BMW (-11,09 %). La poussée de Tesla (+288,52 %, de 784 à 3.046 véhicules) n'a pas compensé ces reculs, dus en partie aux effets d'un changement des normes de mesures pour les émissions et parfois à des changements de modèles. Les investissements dans les motorisations plus propres, y compris électriques, pèsent sur les dépenses des marques. Le volume des immatriculations montre que la Belgique reste un marché toujours favorable à la voiture, en dépit d'une approche plus restrictive des pouvoirs publics, avec le développement de zones à basses émissions à Anvers et Bruxelles et la perspective de l'interdiction du diesel en 2030 dans la capitale. L'un des défis du salon consistera à aider les candidats à l'achat dans leurs choix, entre les motorisations diesel, essence, hybrides, électriques, au gaz naturel, en tenant compte de ces politiques. La Febiac promet de répondre en proposant une application pour le salon. Elle fera une analyse des déplacements quotidiens pour proposer la motorisation la plus adaptée. " Test Achats sera présent au salon pour aider de manière neutre les consommateurs " précise Joost Kaesemans, porte-parole de la Febiac. La revue de Test Achats avait publié en novembre dernier un dossier titré " Le diesel pas si sale ", indiquant que les dernières voitures diesels conformes aux normes Euro 6d " n'ont plus rien à envier aux véhicules à essence ". L'organisation s'est basée sur des tests en laboratoire et a collaboré avec Green NCAP. Cette année, le Brussels Motor Show devra sans doute subir pour la première fois des manifestations d'opposants à la voiture. Une dizaine d'activistes s'étaient déjà regroupés le 4 décembre devant le siège de la Febiac, à Woluwe-Saint-Lambert, où était organisée une conférence de presse pour présenter le salon de janvier. Une coalition d'associations, dont font parties le Gracq, Bruxsel'air, Inter Environnement, demande que la publicité pour les voitures soit régulée, et carrément interdite celle pour les véhicules les plus polluants. Le mouvement fait écho aux manifestations qui avaient émaillé le salon de Francfort en septembre dernier, avec un défilé de plus de 15.000 cyclistes au centre de la ville et quelques opérations contre l'automobile dans les bâtiments du salon. " On a bien compris que la Febiac éprouvait quelques craintes, avec le précédent des manifestations de Francfort, avance Alain Geerts, d'Inter-Environnement Wallonie. Notre idée est de maintenir l'attention avec une petite manifestation ponctuelle autour du salon de Bruxelles. Mais nous n'avons pas la prétention de répéter ce qui s'est fait en Allemagne. " Il rappelle que le contexte émotionnel est différent : un accident de SUV à Berlin avait en effet " joué un rôle de déclencheur " pour Francfort. Même si la perspective de manifestations ne réjouit pas les exposants, ceux-ci ont deux bonnes raisons d'y venir et d'y revenir. La première est que l'événement est associé, dans l'esprit du public, à une période de conditions avantageuses pour s'offrir une nouvelle voiture. Ne pas y participer, c'est prendre le risque de manquer une période de fortes ventes. La seconde est que les recettes (tickets d'entrée et location des stands) constituent un moyen de financer la Febiac, qui représente les importateurs. Sans l'apport du salon, celle-ci devrait alors augmenter les cotisations de ses membres, donc des importateurs.