Véritable fléau des réseaux sociaux, les fake news empoisonnent non seulement les relations de confiance entre les citoyens et les journalistes, mais portent une réelle atteinte au processus démocratique dans de nombreux pays. L'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis tout comme le vote des Britanniques sur le Brexit en 2016 ont été portés par un vent de désinformation et c'est précisément pour tenter de contenir ce phénomène que plusieurs médias et agences de presse se dotent dorénavant d'outils anti- fake news.
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Véritable fléau des réseaux sociaux, les fake news empoisonnent non seulement les relations de confiance entre les citoyens et les journalistes, mais portent une réelle atteinte au processus démocratique dans de nombreux pays. L'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis tout comme le vote des Britanniques sur le Brexit en 2016 ont été portés par un vent de désinformation et c'est précisément pour tenter de contenir ce phénomène que plusieurs médias et agences de presse se dotent dorénavant d'outils anti- fake news. Il y a quelques jours à peine, Sibyle Veil, directrice générale de Radio France, a ainsi annoncé au Journal du Dimanche son intention de " créer une cellule dédiée à la lutte contre les infox ", ces informations qui ne sont que de l'intox. C'est au sein de la chaîne d'infos en continu France Info que sera prochainement lancée cette nouvelle entité afin de permettre aux journalistes de mieux désamorcer la désinformation sur le Web et les réseaux sociaux. Et en Belgique, où en est-on du côté de la radio-télévision de service public ? " Dans le courant du mois d'octobre, nous allons lancer une application qui va s'appeler Faky et qui sera une appli de fact checking, nous annonce en primeur Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF. C'est un projet innovant que nous avons initié il y a presque deux ans déjà dans le cadre d'un incubateur et d'un appel à projets. L'idée est de permettre à tout un chacun de rentrer une photo ou un article dans cette appli et le moteur de recherche se connecte alors à des sites de fact checking existants avec lesquels nous avons des accords. C'est donc un outil de vérification qui va donner une probabilité de véracité à la photo ou à l'article en question et qui mettra en évidence le travail de fact checkers. " A priori simple et fiable, l'application Faky sera gratuite et dénuée de toute proposition publicitaire dans sa présentation. Certes, l'outil recueillera les données des utilisateurs qui solliciteront son expertise, mais les initiateurs du projet s'engagent à ce qu'elles servent uniquement à " nourrir les outils de calcul de vérification et la pertinence du contenu proposé ", sans aucune logique commerciale. Présenté comme " un outil indépendant d'évaluation du niveau de fiabilité de l'information ", Faky ne se limitera pas à combattre les fake news, mais entend " promouvoir aussi un contenu qualitatif, riche et vérifié " issu d'une collaboration européenne de journalistes. " L'application permettra non seulement au grand public et aux journalistes de démêler le faux de vrai, mais elle permettra également à ses utilisateurs de soumettre des questions ou de chercher du contenu à l'aide de mots clés ", conclut Axelle Pollet, porte-parole de la RTBF. Et pour boucler la boucle, Faky promet enfin un flux d'articles ayant pour ambition d'analyser et d'expliquer le phénomène des fake news pour mieux les désamorcer.