Le rituel est immuable. Pratiquement chaque matin, il s'assied devant son piano et joue quelques notes. Du Philip Glass ou du Chilly Gonzales. Une manière de se détendre pour cet autodidacte qui a joué ses premières notes à 18 ans sur le piano familial. De s'aérer l'esprit aussi avant de plonger dans une arène politique qui le nourrit - au propre comme au figuré - depuis plus de 14 ans.
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Le rituel est immuable. Pratiquement chaque matin, il s'assied devant son piano et joue quelques notes. Du Philip Glass ou du Chilly Gonzales. Une manière de se détendre pour cet autodidacte qui a joué ses premières notes à 18 ans sur le piano familial. De s'aérer l'esprit aussi avant de plonger dans une arène politique qui le nourrit - au propre comme au figuré - depuis plus de 14 ans. Antoine de Borman, directeur du centre d'études du cdH (Cepess) depuis 2011, vient d'ajouter une corde supplémentaire à un arc déjà bien tendu : il est désormais, et pour deux ans, le président de citydev.brussels, l'organisme public en charge du développement urbain de la Région bruxelloise au travers de projets immobiliers. Il terminera le mandat de Denis Grimberghs (cdH). Ce cabinettard de 38 ans originaire de Schaerbeek est relativement peu connu du grand public. Il est pourtant l'un des hommes forts de la galaxie actuelle du cdH. Installé en 2011 à la tête du Cepess par Benoît Lutgen, dans la foulée de la nomination de ce dernier comme président de parti, il aura pour mission de redynamiser un laboratoire d'idées fossoyé par Joëlle Milquet. Il disposera des moyens de ses ambitions. Un seul collaborateur animait la cellule à mi-temps à l'époque, aujourd'hui on dénombre huit salariés. Un chiffre ridicule par rapport aux mastodontes que sont l'Institut Emile Vandervelde (PS) ou le Centre Jean Gol (MR). Mais un nombre qui aura permis au Cepess de devenir audible. Cartes blanches, colloques, interventions médias : Antoine de Borman apprécie le débat public. " C'était une de mes missions, se souvient cet amateur d'impro qui voulait être comédien. J'apprécie échanger, débattre, aller à la rencontre des gens, expliquer mes idées. " Il va être servi dans les prochains mois puisqu'il se présente pour la première fois devant l'électeur schaerbeekois en octobre, lors des élections communales. Il poussera une liste menée par Denis Grimberghs, l'un de ses modèles. " Il y a une volonté qu'il prenne davantage de responsabilités politiques à l'avenir, explique ce dernier, qui l'apprécie particulièrement. En mai prochain, il aura d'ailleurs une meilleure place lors des régionales. " Outre Denis Grimberghs qui occupe une place de choix dans son parcours, Antoine de Borman aura côtoyé la plupart des grandes figures cdH ces dernières années. Joëlle Milquet l'engage en 2004 à sa sortie de l'université, deux licences (sciences-po et sciences-éco, UCL) et un master complémentaire en sciences éco (KUL) en poche. Elle l'envoie directement comme assistant parlementaire chez Benoît Drèze (emploi) et Melchior Wathelet (énergie). Suivront Benoît Cerexhe (emploi) et Joëlle Milquet (chef de cabinet adjoint au fédéral). Avant que Benoît Lutgen ne mette la main dessus, à son tour. " C'est quelqu'un de brillant, c'est une évidence, confie Jérémy Dagnies, collaborateur au Cepess. Il est à l'écoute, reste calme et possède un vrai esprit de synthèse. " Et Gilles Delforge, le directeur de la Société d'aménagement urbain (SAU), qu'il a côtoyé autour de la table de son conseil d'administration, d'ajouter : " Il connaît bien ses dossiers, c'est un bosseur ". La politique a en tout cas toujours bercé son quotidien. Dès ses 12 ans, il lisait La Libre ou Le Soir, débattait de politique avec ses parents. " En rhéto, à l'Institut Saint-Dominique de Schaerbeek, alors que je n'étais pas vraiment un élève brillant, un conseiller du centre PME m'a suggéré, après une longue discussion, de travailler pour le centre d'études d'un parti politique, se souvient ce père de deux enfants. Comme quoi, cela sommeillait en moi ( sourire) ! " Ouvert au dialogue et davantage attaché aux idées qu'aux partis, il s'est particulièrement intéressé ces dernières années à l'aménagement du territoire, au lien entre espace public et qualité de vie ou encore à l'innovation urbaine à travers les villes nouvelles. " Antoine possède une vision sur le développement de la ville qui est similaire à la mienne, lance Benjamin Cadranel, le directeur qui a redressé citydev.brussels. Il partage également les grands objectifs de notre plan stratégique. C'est de bon augure. "