Pour convaincre ses créanciers, Norwegian propose d'apporter ses "slots" (créneaux de décollage et atterrissage) à l'aéroport de Londres Gatwick en garantie, alors que les obligations concernées ne sont actuellement pas sécurisées. La troisième low cost européenne devrait normalement rembourser 250 millions d'euros en décembre prochain et 964 millions de couronnes suédoises (97,3 millions de francs) en août 2020, des échéances qu'elle souhaite pouvoir repousser à novembre 2021 et février 2022 respectivement.

Les créanciers se réuniront le 16 septembre pour examiner la proposition. Un accord permettrait à Norwegian d'assainir sa situation financière à court terme alors que la compagnie, pionnière dans le long courrier à bas coûts, ploie sous une dette considérable et accumule les pertes depuis 2017.

Ces difficultés ont été aggravées par des problèmes avec ses moteurs Rolls-Royce ainsi que par l'immobilisation des Boeing 737 MAX, dont elle exploite 18 appareils, après deux accidents mortels rapprochés de ce modèle en Ethiopie et en Indonésie. Pour sortir de l'ornière, Norwegian avait annoncé le mois dernier la cession de ses actifs bancaires, une mesure qui s'ajoute à une augmentation de capital de 3 milliards de couronnes norvégiennes de capital en début d'année.

La compagnie a aussi fermé des bases et des liaisons aériennes, et repoussé la livraison d'un certain nombre de nouveaux appareils Airbus et Boeing. Elle négocie en outre la vente d'une partie de sa flotte à une joint-venture susceptible d'être mise en place avec un partenaire financier. L'action prenait 2,14% en début de matinée à la Bourse d'Oslo.