"C'est un jour majeur voire historique pour la Grèce" qui "pendant près de 10 ans est non pas sous la tutelle mais sous le coup de programmes qui sont des programmes d'assistance", a affirmé M. Moscovici sur la radio France Inter. "La Grèce va pouvoir se financer seule sur les marchés (...), définir sa propre politique économique, bien sûr en poursuivant les réformes", s'est-il félicité. La République hellénique quitte officiellement ce lundi la tutelle de ses créanciers -zone euro et Fonds monétaire international (FMI)- pour recommencer à se financer seule sur les marchés, après plusieurs années de profonde récession. Au total, elle aura reçu 289 milliards d'euros de prêts en trois programmes, en 2010, 2012 et 2015, en échange de réformes structurelles violentes dont certains créanciers eux-mêmes reconnaissent aujourd'hui qu'elles n'étaient pas toutes optimales, et qui lui ont fait perdre un quart de son PIB en huit ans, poussant le chômage à 27,5% en 2013. "La crise grecque a été d'une profondeur, d'une durée, d'une dureté absolument sans précédent, donc il va falloir surveiller ses engagements d'un peu plus près", a jugé l'ancien ministre du président socialiste français François Hollande. M. Moscovici a également reconnu "des erreurs (...) au cours de ces très longues années", citant notamment des mécanismes de solidarité "qui ont été faits un peu sous la pression de la crise et n'ont pas été des mécanismes volontaires". Si elle regagne son indépendance financière ce lundi, "la Grèce a encore beaucoup de fleuves à franchir", titre ce jour l'édition en anglais du quotidien de droite-libérale Kathimerini invoquant l'économie "trop vulnérable et affaiblie du pays face aux turbulences des marchés". Les économistes, comme le professeur Nikos Vettas, jugent par ailleurs "impératif" de générer désormais "une très forte croissance", sans quoi "les ménages, déjà très affaiblis par dix ans de récession, continueront à souffrir". Avec un niveau de dette à près de 180% de son PIB, le pays s'il quitte les plans d'aide n'en a toutefois pas pour autant terminé avec l'austérité et les réformes. L'ancien ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, estime d'ailleurs que la Grèce n'est pas encore sauvée, pointant entre autres le niveau de sa dette. D'après lui, la situation de la République héllenique continue à s'empirer chaque jour. "Les directives d'austérité des créanciers empêchent les investissements et la consommation", juge celui qui avait quitté le gouvernement en 2015, en profond désaccord avec les mesures d'austérité imposées à son pays. (Belga)

"C'est un jour majeur voire historique pour la Grèce" qui "pendant près de 10 ans est non pas sous la tutelle mais sous le coup de programmes qui sont des programmes d'assistance", a affirmé M. Moscovici sur la radio France Inter. "La Grèce va pouvoir se financer seule sur les marchés (...), définir sa propre politique économique, bien sûr en poursuivant les réformes", s'est-il félicité. La République hellénique quitte officiellement ce lundi la tutelle de ses créanciers -zone euro et Fonds monétaire international (FMI)- pour recommencer à se financer seule sur les marchés, après plusieurs années de profonde récession. Au total, elle aura reçu 289 milliards d'euros de prêts en trois programmes, en 2010, 2012 et 2015, en échange de réformes structurelles violentes dont certains créanciers eux-mêmes reconnaissent aujourd'hui qu'elles n'étaient pas toutes optimales, et qui lui ont fait perdre un quart de son PIB en huit ans, poussant le chômage à 27,5% en 2013. "La crise grecque a été d'une profondeur, d'une durée, d'une dureté absolument sans précédent, donc il va falloir surveiller ses engagements d'un peu plus près", a jugé l'ancien ministre du président socialiste français François Hollande. M. Moscovici a également reconnu "des erreurs (...) au cours de ces très longues années", citant notamment des mécanismes de solidarité "qui ont été faits un peu sous la pression de la crise et n'ont pas été des mécanismes volontaires". Si elle regagne son indépendance financière ce lundi, "la Grèce a encore beaucoup de fleuves à franchir", titre ce jour l'édition en anglais du quotidien de droite-libérale Kathimerini invoquant l'économie "trop vulnérable et affaiblie du pays face aux turbulences des marchés". Les économistes, comme le professeur Nikos Vettas, jugent par ailleurs "impératif" de générer désormais "une très forte croissance", sans quoi "les ménages, déjà très affaiblis par dix ans de récession, continueront à souffrir". Avec un niveau de dette à près de 180% de son PIB, le pays s'il quitte les plans d'aide n'en a toutefois pas pour autant terminé avec l'austérité et les réformes. L'ancien ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, estime d'ailleurs que la Grèce n'est pas encore sauvée, pointant entre autres le niveau de sa dette. D'après lui, la situation de la République héllenique continue à s'empirer chaque jour. "Les directives d'austérité des créanciers empêchent les investissements et la consommation", juge celui qui avait quitté le gouvernement en 2015, en profond désaccord avec les mesures d'austérité imposées à son pays. (Belga)