Un délai supplémentaire de dix jours a été décidé à la requête du parquet, ont rapporté les médias locaux, une procédure courante dans le système judiciaire japonais.

Nouveau rendez-vous le 10 décembre: d'ici à cette date, les procureurs doivent décider de le libérer sans charges ou de l'inculper. S'il est effectivement mis en examen, il pourrait être placé en détention provisoire ou bien relâché sous caution.

A ce stade, celui qui est toujours dirigeant de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors est soupçonné d'avoir minimisé ses revenus chez Nissan d'un milliard de yens par an (7,7 millions d'euros) sur la période d'avril 2010 à mars 2015, dans des documents publics remis par la société aux autorités financières nipponnes.

Or selon une source proche du dossier interrogée par l'AFP, l'enquête montre que cette situation a débuté dès 2009 et perdurait encore l'an dernier.

Les investigations pourraient donc théoriquement être étendues à d'autres années, ou bien à d'autres motifs, Nissan reprochant à son ancien patron d'avoir commis des abus de biens sociaux, tels que l'usage de résidences de luxe aux frais de la compagnie.

Dans ce cas, M. Ghosn, qui nie toute malversation, pourrait être de nouveau interpellé et le processus se répéter.

Critiques jugées infondées

Face à certaines critiques à l'étranger, en particulier en France, sur la longueur et les conditions de détention, le parquet s'est défendu.

"Chaque pays a sa propre histoire, sa propre tradition, ses propres systèmes judiciaires. Je ne critique pas les règles des autres pays juste parce qu'elles sont différentes, et je trouve cela malvenu de le faire", a déclaré Shin Kukimoto, procureur adjoint de Tokyo, à l'occasion d'une conférence de presse jeudi.

"Nous ne gardons pas les suspects en garde en vue prolongée si ce n'est pas nécessaire", a-t-il martelé.

Loin de son style de vie fastueux, Carlos Ghosn, âgé de 64 ans, séjourne à présent dans une cellule d'un établissement pénitentiaire du nord de Tokyo. Ses avocats ne peuvent assister aux auditions et les visites sont très limitées.

Selon des médias nippons, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre japonais Shinzo Abe pourraient évoquer le sujet en marge du sommet du G20, qui s'ouvre vendredi en Argentine.

"Pour le moment, aucune décision n'a été prise quant à la tenue de discussions", a réagi vendredi un porte-parole du gouvernement nippon, Yasutoshi Nishimura.

Trois hommes pour une alliance

Sur le terrain automobile, les conseils d'administration de Nissan et Mitsubishi Motors n'ont pas attendu les conclusions de l'enquête pour démettre Carlos Ghosn de la présidence, tandis qu'il reste PDG de Renault et de la co-entreprise Renault-Nissan BV sur le papier.

Jeudi, les patrons exécutifs des constructeurs se sont entretenus tous trois par visio-conférence pour la première fois depuis l'arrestation de celui qui a bâti une alliance désormais fragilisée. Sans trancher la question de la gouvernance.

Le ton se voulait rassurant, les propos sans surprise: ils ont rappelé "leur profond attachement" à cette structure qui domine le marché automobile mondial, avec 10,6 millions de véhicules vendus en 2017.

Interrogé dans la soirée par les médias japonais devant sa résidence tokyoïte, le responsable de Nissan, Hiroto Saikawa, s'est félicité d'un entretien "extrêmement important" avec ses partenaires: le numéro deux de Renault, Thierry Bolloré, et le PDG de Mitsubishi Motors, Osamu Masuko.

En attendant des décisions formelles, "nous avons confirmé que nous dirigerions l'alliance à trois", a-t-il dit aux journalistes. Depuis l'arrestation de son ancien mentor, M. Saikawa a dénoncé avec force la concentration des pouvoirs entre les mains de M. Ghosn.

Son homologue de Mitsubishi a tenu le même discours: "jusqu'à présent, une seule personne était aux commandes. Maintenant, nous sommes trois à travailler ensemble. C'est une grosse différence".

Un délai supplémentaire de dix jours a été décidé à la requête du parquet, ont rapporté les médias locaux, une procédure courante dans le système judiciaire japonais.Nouveau rendez-vous le 10 décembre: d'ici à cette date, les procureurs doivent décider de le libérer sans charges ou de l'inculper. S'il est effectivement mis en examen, il pourrait être placé en détention provisoire ou bien relâché sous caution. A ce stade, celui qui est toujours dirigeant de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors est soupçonné d'avoir minimisé ses revenus chez Nissan d'un milliard de yens par an (7,7 millions d'euros) sur la période d'avril 2010 à mars 2015, dans des documents publics remis par la société aux autorités financières nipponnes.Or selon une source proche du dossier interrogée par l'AFP, l'enquête montre que cette situation a débuté dès 2009 et perdurait encore l'an dernier. Les investigations pourraient donc théoriquement être étendues à d'autres années, ou bien à d'autres motifs, Nissan reprochant à son ancien patron d'avoir commis des abus de biens sociaux, tels que l'usage de résidences de luxe aux frais de la compagnie.Dans ce cas, M. Ghosn, qui nie toute malversation, pourrait être de nouveau interpellé et le processus se répéter.Face à certaines critiques à l'étranger, en particulier en France, sur la longueur et les conditions de détention, le parquet s'est défendu."Chaque pays a sa propre histoire, sa propre tradition, ses propres systèmes judiciaires. Je ne critique pas les règles des autres pays juste parce qu'elles sont différentes, et je trouve cela malvenu de le faire", a déclaré Shin Kukimoto, procureur adjoint de Tokyo, à l'occasion d'une conférence de presse jeudi."Nous ne gardons pas les suspects en garde en vue prolongée si ce n'est pas nécessaire", a-t-il martelé.Loin de son style de vie fastueux, Carlos Ghosn, âgé de 64 ans, séjourne à présent dans une cellule d'un établissement pénitentiaire du nord de Tokyo. Ses avocats ne peuvent assister aux auditions et les visites sont très limitées.Selon des médias nippons, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre japonais Shinzo Abe pourraient évoquer le sujet en marge du sommet du G20, qui s'ouvre vendredi en Argentine. "Pour le moment, aucune décision n'a été prise quant à la tenue de discussions", a réagi vendredi un porte-parole du gouvernement nippon, Yasutoshi Nishimura.Sur le terrain automobile, les conseils d'administration de Nissan et Mitsubishi Motors n'ont pas attendu les conclusions de l'enquête pour démettre Carlos Ghosn de la présidence, tandis qu'il reste PDG de Renault et de la co-entreprise Renault-Nissan BV sur le papier.Jeudi, les patrons exécutifs des constructeurs se sont entretenus tous trois par visio-conférence pour la première fois depuis l'arrestation de celui qui a bâti une alliance désormais fragilisée. Sans trancher la question de la gouvernance. Le ton se voulait rassurant, les propos sans surprise: ils ont rappelé "leur profond attachement" à cette structure qui domine le marché automobile mondial, avec 10,6 millions de véhicules vendus en 2017. Interrogé dans la soirée par les médias japonais devant sa résidence tokyoïte, le responsable de Nissan, Hiroto Saikawa, s'est félicité d'un entretien "extrêmement important" avec ses partenaires: le numéro deux de Renault, Thierry Bolloré, et le PDG de Mitsubishi Motors, Osamu Masuko.En attendant des décisions formelles, "nous avons confirmé que nous dirigerions l'alliance à trois", a-t-il dit aux journalistes. Depuis l'arrestation de son ancien mentor, M. Saikawa a dénoncé avec force la concentration des pouvoirs entre les mains de M. Ghosn.Son homologue de Mitsubishi a tenu le même discours: "jusqu'à présent, une seule personne était aux commandes. Maintenant, nous sommes trois à travailler ensemble. C'est une grosse différence".