"Nous annonçons la fin de la vente des voitures à essence et diesel d'ici à 2040" lâché Nicolas Hulot, ministre français de la transition écologique. Ce projet intervient juste après que Volvo a annoncé qu'il ne sortira plus de nouveaux modèles à essence ou diesel à partir de 2019, qu'il se concentrera sur les modèles électriques ou hybrides.
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"Nous annonçons la fin de la vente des voitures à essence et diesel d'ici à 2040" lâché Nicolas Hulot, ministre français de la transition écologique. Ce projet intervient juste après que Volvo a annoncé qu'il ne sortira plus de nouveaux modèles à essence ou diesel à partir de 2019, qu'il se concentrera sur les modèles électriques ou hybrides.Le projet de Volvo peut rendre vraisemblable l'échéance de 2040. Mais il faut se méfier des effets d'annonces des constructeurs, qui se sont livrés à une inflation de présentations de stratégies électriques. Ils sont aussi victimes de l'effet Tesla, le jeune constructeur américain de voitures électriques, qui pèse 47 milliards de dollars en Bourse et qui n'a produit que 76.000 autos l'an dernier. Pour ne pas paraître ringards face aux investisseurs, les constructeurs annoncent de futures gammes de voitures électriques. Daimler Mercedes, General Motors ont fait des annonces, le groupe Volkswagen, qui devait aussi faire oublier le Dieselgate, a lui aussi fait état de sa reconversion partielle à l'électricité.En réalité, la voiture électrique reste très marginale. Malgré des lancements importants ces 5 dernières années (Renault Zoé, Nissan Leaf, BMW i3,...), le segment pèse moins d'un pour cent des immatriculations en Belgique. La croissance envisagée reste prudente. Les analystes de la banque UBS estiment que le parc de véhicules électriques ne pèsera que 14% en 2015. L'agence Bloomberg prédit que la part des voitures électriques dépassera celle des voitures à carburant seulement en 2038. L'horizon 2040 semble donc bien optimiste. Lire aussi: "Voitures électriques: où faire le plein d'électrons" ?Si l'on se fie à l'offre électrique actuelle, anticiper la mort des voitures à carburant semble improbable. Les e-car sont encore fort chères, avec une autonomie modeste, de l'ordre de 100 à 150 km, et leur succès est généralement modeste, malgré les efforts fiscaux. Le modèle qui attire le plus l'attention, la Tesla Model S, ravit ses utilisateurs, avec ses performances et son autonomie correcte (jusqu'à 500 km), mais elle ne vise pas le grand public, elle coûte au moins 80.000 euros. Le paysage change si on examine les annonces faites par Volkswagen, Daimler, Tesla et d'autres. La tendance pour les 10 années à venir est la sortie de voitures électriques dont le prix sera similaire à celui des voitures carburant, avec des autonomies plus grandes (400 à 500 km). La Tesla Model 3, dont le premier exemplaire doit être livré ce vendredi, devrait illustrer cette tendance. Elle a été annoncée à un tarif de 35.000 dollars, qui correspond au prix des voitures à carburant de sa catégorie (BMW Série 3, Audi A4). Tout dépendra de ces futures voitures électriques améliorées. En posant une année butoir, Nicolas Hulot va aussi attirer des demandes de l'industrie pour développer des incitants fiscaux à la conversion électrique. Il est du reste prévu d'organiser en France des primes pour encourager les automobilistes à abandonner les voitures un peu anciennes, les diesel d'avant 2001 et les essences d'avant 1997.Enfin, il s'agit d'abord d'un horizon, bien au-delà du mandat du président français Emmanuel Macron et de celui de Nicolas Hulot. Ils font des promesses aujourd'hui mais comptent sur leurs successeurs pour les respecter. 2040, c'est dans longtemps...Lire aussi: "Pourquoi Volvo programme-t-il la fin du moteur à carburant ?"