Une proposition de loi en ce sens a été évoquée mercredi en commission des Affaires sociales à la Chambre. Elle est "inacceptable et économiquement destructrice", s'insurgent les organisations patronales FEB, UNIZO, Boerenbond et UCM, selon lesquelles la mesure représenterait une "hausse de 40% par rapport aux salaires minimums actuels". Dans une réaction, la FGTB évoque un "flot de contre-vérités". "Augmenter le salaire minimum ne va pas plonger notre économie dans le chaos", rétorque-t-elle. Le syndicat s'appuie sur une étude portant sur 19 pays de l'OCDE et couvrant la période allant de 1983 à 2013, qui a conclu que, indépendamment de la situation économique ou de la période sur laquelle porte la mesure, il n'y a pas d'impact négatif sur l'emploi avec une augmentation du salaire minimum. Une autre étude américaine et le ministère allemand de l'Économie sont parvenus aux mêmes conclusions en 2017, souligne-t-il encore. La Belgique étant un pays dont l'économie est principalement influencée par sa consommation intérieure, la hausse du salaire minimum et du pouvoir d'achat des travailleurs au bas salaire permettrait de doper la croissance de notre économie, appuie la FGTB. La revendication des travailleurs belges trouve en outre écho partout en Europe, relève encore l'organisation socialiste. La Commission européenne s'est ainsi engagée à fixer un salaire minimum dans les 100 jours dans l'ensemble des États membres et de nombreux États européens ont tenu à répondre à l'urgence en augmentant d'une manière significative le salaire minimum, note-t-elle. La FGTB demande dès lors au banc patronal de se remettre autour la table afin de "négocier de manière sérieuse une augmentation substantielle du salaire minimum". Deux propositions de loi, du PS et du PTB, visant un salaire horaire minimum de 14 euros sont actuellement à l'étude en commission de la Chambre. (Belga)