Dix Etats-membres de l'UE (France, Allemagne, Belgique, Portugal, Autriche, Slovénie, Grèce, Espagne, Italie et Slovaquie) discutent depuis des années, dans le cadre d'une procédure européenne de coopération renforcée, de l'adoption d'une taxe sur les transactions financières. Le dossier a récemment progressé puisque ces 10 pays se sont entendus en octobre sur quatre propositions de base, qui doivent permettre à la Commission de rédiger un texte d'ici la fin de l'année.

La FEB juge toutefois qu'une telle taxe aurait un impact "très négatif" sur la Belgique et son économie car deux pays voisins, les Pays-Bas et le Luxembourg, ainsi que le Royaume-Uni, important centre financier, ne font pas partie du projet.

Selon la fédération patronale, la Commission européenne ne tient pas compte de l'objectif principal qu'elle avait fixé elle-même dans son projet de directive, à savoir la lutte contre la spéculation. "La Belgique risque de se tirer dans le pied. Cette mesure affectera à nouveau la compétitivité de notre pays, fera augmenter considérablement les coûts d'entreprendre et la couverture des risques financiers et commerciaux", met en garde Jean Baeten, expert fiscal à la FEB.

La fédération patronale demande à la Belgique de plaider au sein du Conseil des ministres européen pour un report, au-delà du Brexit, "au moment où l'on disposera de plus d'information sur l'impact budgétaire de la taxe proposée, l'impact sur nos activités financières, sur l'économie réelle et sur l'avenir de Bruxelles comme centre financier."

La FEB demande enfin "une concertation urgente avec le monde des entreprises".

De leur côté, les fédérations du secteur financier (Febelfin) et des assurances (Assuralia) sont sur la même longueur d'ondes.

"La proposition qui se trouve aujourd'hui sur la table des négociations européennes vise non seulement les activités dites spéculatives, mais aussi et sans distinction, les activités saines qui s'inscrivent dans une bonne gestion des risques par les banques et le financement des entreprises et des ménages", constate Febelfin, qui craint, si cette proposition devait se concrétiser en Belgique, "d'éventuelles répercussions négatives sur le financement des entreprises et des particuliers, et notamment sur les prêts hypothécaires".

Assuralia juge pour sa part que soumettre les entreprises d'assurances à une telle taxe aurait un impact négatif sur la constitution des pensions ou pour les victimes d'accidents.