Gérard Houa, actionnaire minoritaire d'Aigle Azur -qui a mis la clé sous la porte le 27 septembre- via sa société Lu Azur, avait déposé la seule offre examinée par le tribunal. Il avait proposé "30 millions d'euros" pour la reprise de la compagnie à bas coût et prévoyait de conserver près de la moitié des effectifs.

"Le tribunal dit que l'offre de Lu Azur est irrecevable et la rejette (...). Il prononce la conversion de la procédure de redressement judiciaire en liquidation judiciaire sans maintien de l'activité", indique le jugement.

"Très concrètement, au maximum dans 21 jours, les salariés vont être licenciés", a expliqué Aline Chanu, avocate du comité d'entreprise d'XL Airways, présente au tribunal vendredi, lors de la publication du jugement.

"L'offre a été considérée comme irrecevable, c'est a dire non financée", a-t-elle indiqué.

"Cette catastrophe sociale, bien évidemment s'ajoute à celle d'Aigle Azur et peut être aussi à d'autres qui vont venir si l'Etat ne fait rien", a déploré l'avocate, mettant en cause une concurrence jugée déloyale de certaines compagnies et la responsabilité des pouvoirs publics.

Le 27 septembre, Aigle Azur, spécialisée dans la desserte du bassin méditerranéen et de l'Algérie, avait dû mettre la clé sous la porte faute de solution de reprise suffisamment solide pour cette compagnie créée en 1946 et qui employait 1.150 salariés.

XL Airways a transporté en 2018 quelque 730.000 passagers avec quatre Airbus A330, tous en leasing. Elle desservait essentiellement l'Amérique du Nord, notamment les États-Unis, les Antilles et la Réunion, mais aussi la Chine.