Les fournisseurs n'importaient jusqu'à présent pas beaucoup d'électricité, mais en raison des différents soucis liés aux centrales nucléaires belges, ils ont été obligés de se procurer de l'électricité à l'étranger. Les chiffres publiés en janvier par le gestionnaire de réseau Elia montrent que 22% de l'électricité consommée en Belgique en 2018 venaient de l'étranger, près de trois fois plus qu'en 2017 (8%).

La faible disponibilité des centrales nucléaires - un réacteur sur sept tournait de mi-octobre à mi-novembre, et le nucléaire a produit un tiers d'électricité en moins en 2018 qu'en 2017 - mais aussi par la logique de marché, a ainsi poussé les fournisseurs à importer lorsque l'électricité était moins chère dans les pays voisins qu'en Belgique. Résultat: la facture a explosé, atteignant le montant record de 1,2 millard d'euros pour l'année 2018.

Une autre explication est que la capacité de connexion avec la France et les Pays-Bas a augmenté ces dernières années. Cela permet aux fournisseurs d'énergie d'acheter plus facilement de l'électricité à l'étranger si elle y est moins chère.

Il s'agit de chiffres bruts: la Belgique a aussi exporté de l'électricité, mais pour 213 millions d'euros seulement en 2018. Les importations nettes atteignent donc 938 millions d'euros, un record également. Alors qu'entre 2014 et 2017, les fournisseurs d'énergie ont payé en moyenne 37,7 euros par mégawattheure, les importations de l'année dernière ont coûté 52,8 euros par mégawattheure, précise L'Echo.