L'IBPT tente une manoeuvre pour désensabler l'épineux dossier de la 5G. Le régulateur du secteur télécoms met sur la table une solution provisoire, qui permettrait d'installer rapidement une première mouture du futur réseau 5G, donnant accès à l'Internet mobile ultra-rapide. L'espoir est de débuter son déploiement dès juin prochain.
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L'IBPT tente une manoeuvre pour désensabler l'épineux dossier de la 5G. Le régulateur du secteur télécoms met sur la table une solution provisoire, qui permettrait d'installer rapidement une première mouture du futur réseau 5G, donnant accès à l'Internet mobile ultra-rapide. L'espoir est de débuter son déploiement dès juin prochain. Le dossier de la 5G est en rade depuis la démission du gouvernement Michel, fin 2018. Les affaires courantes, puis les stériles négociations gouvernementales ont gelé le processus de mise aux enchères des fréquences. Celui-ci nécessite un accord entre l'Etat fédéral et les entités fédérées sur la clé de répartition du " pactole " attendu (environ 700 millions d'euros). Cet accord n'ayant pas pu être trouvé avant les affaires courantes, le dossier s'est retrouvé dans les limbes. " Au vu de l'impasse actuelle (...), la mise aux enchères ne pourra selon toute vraisemblance pas avoir lieu avant la fin de l'année 2020 ", observe l'IBPT. Pour contourner cet obstacle, le régulateur a déniché un article oublié de la loi télécoms, qui autorise l'octroi provisoire de certaines bandes de fréquences, en l'attente d'une attribution définitive suivant la procédure habituelle. Ces autorisations provisoires seront octroyées pour des durées de six mois reconductibles. Les opérateurs intéressés par ces bandes de fréquence sont invités à se manifester auprès de l'IBPT d'ici la fin du mois de février. Du côté des opérateurs, les réactions sont contrastées. Proximus et Telenet (qui opère sur le marché mobile via la marque Base) sont enthousiastes : " L'attribution de licences provisoires est un pas en avant (...). Nous avons certainement l'intention de nous porter candidats ", indique-t-on chez Proximus. Telenet attend d'examiner en détail la proposition de l'IBPT, mais l'opérateur est tout à fait en phase avec l'octroi de licences provisoires, une solution qu'il avait lui-même proposée il y a un an. Chez Orange, par contre, on est beaucoup plus critique : " Orange Belgium n'est pas en faveur de l'allocation précipitée de licences nationales et temporaires, n'offrant qu'une largeur de bande limitée, ne répondant pas aux besoins de l'industrie, et pouvant mettre à mal les prochaines enchères pour la 5G ", réagit la société. Orange estime que seule la procédure traditionnelle garantira un déploiement optimal de la 5G. Piquant : Orange et Proximus se sont récemment engagés dans une coentreprise visant, notamment, à déployer conjointement le futur réseau 5G. C'est donc une première anicroche entre les deux compères. En attendant, la perspective de voir apparaître prochainement des offres commerciales intégrant la 5G reste hypothétique. Outre la question des enchères, celle des normes d'émission bruxelloises reste entière. Ces normes environnementales très strictes empêchent, selon les opérateurs, de déployer un réseau 5G performant dans la capitale. La suite au prochain épisode.