Medina Bardhi, qui a donné naissance à deux enfants lors de ses cinq ans et demi passés chez le géant des bureaux partagés, affirme avoir été rétrogradée par M. Neumann et son entourage après chaque grossesse. Selon la plainte, Adam Neumann aurait qualifié le congé maternité de "départ à la retraite" et de "vacances". Dès l'entretien d'embauche en 2013, il aurait demandé à sa future employée quand elle comptait se marier et tomber enceinte. Lors de chacun de ses congés maternité, Mme Bardhi dit avoir été remplacée par des collègues masculins. L'un d'entre eux se serait vu proposer plus du double de son salaire. La directrice juridique de WeWork, Jennifer Berrent, également visée par la plainte, aurait elle lancé sur un ton moqueur à Mme Bardhi, peu après avoir été mise au courant de sa deuxième grossesse: "Waouh! Tu es en train de grossir". La plainte affirme aussi que l'ancienne employée s'était vue contrainte de révéler sa première grossesse à M. Neumann car il lui était impossible de l'accompagner en voyage d'affaires, en raison de "son penchant à apporter de la marijuana (...) et à la fumer en cabine durant le vol". Elle dit avoir été limogée sans préavis le 2 octobre, quelques jours seulement après avoir fait part de ses préoccupations à des cadres de WeWork. Dans sa plainte, Mme Bardhi dit s'exprimer en son nom et en celui d'un groupe de salariées s'estimant victimes de discriminations du même ordre. Elles envisagent de lancer une action en justice en nom collectif ("class action"). "WeWork a l'intention de se défendre contre cette accusation. Nous n'avons aucune tolérance pour la discrimination quelle qu'elle soit", a commenté un porte-parole de l'entreprise. WeWork, créé en 2010, traverse depuis plusieurs semaines la plus grave crise de sa jeune histoire. Après avoir vu sa valorisation drastiquement réduite, le groupe a été contraint de renoncer en septembre à son introduction en Bourse. Sous pression des investisseurs et sous le feu des critiques pour ses frasques, Adam Neumann a dû quitter le navire quelques semaines plus tard. La semaine dernière, l'actionnaire japonais SoftBank Group a annoncé une injection de capital pour sauver WeWork et une offre publique d'achat sur les titres qu'il ne possède pas encore. (Belga)