Les Pays-Bas s'apprêtant selon toute vraisemblance à autoriser l'aquamation, un procédé qui dissout les corps dans de l'eau, les entrepreneurs de pompes funèbres de Flandre aimeraient pouvoir faire de même, au nom de l'écologie.
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Les Pays-Bas s'apprêtant selon toute vraisemblance à autoriser l'aquamation, un procédé qui dissout les corps dans de l'eau, les entrepreneurs de pompes funèbres de Flandre aimeraient pouvoir faire de même, au nom de l'écologie. Les enterrements traditionnels sont en effet dévoreurs d'espace. Les crémations produisent du CO2 et rejettent des métaux lourds. D'où l'idée, déjà mise en pratique au Canada et dans certains Etats américains, de dissoudre les corps des défunts par hydrolyse alcaline et de broyer les restes en une poussière comparable aux cendres issues de la crémation qui peut, elle aussi, être recueillie dans une urne ou dispersée. Interpellée à ce sujet au Parlement flamand, Liesbeth Homans, ministre compétente, a contesté l'aspect écologique du procédé et a souligné avec un humour un tantinet macabre le paradoxe auquel celui-ci peut conduire. Le procédé est chimique, a-t-elle expliqué. Les corps sont certes réduits en poussière mais dans des bains de 400 litres qu'il faut porter à une température de 150 degrés et dont le contenu doit être par la suite évacué. En le rejetant à l'égoût ? C'est courir le risque de voir ces effluents devenir, tout comme les eaux usées classiques, consommables après avoir été traités par l'une ou l'autre société distributrice d'eau potable. Ce qui pose quand même quelques problèmes éthiques, a-t-elle poursuivi, sans préciser les restes de quelles personnes elle n'aimerait pas retrouver dans son verre. Soulignant n'avoir jusqu'à présent reçu aucune demande officielle, la ministre a encore précisé que la Flandre possédait, en matière de crémation, une capacité plus que suffisante.