De la pierre bleue au porphyre

Les pavés sont des produits naturels, alors que les clinkers que l'on rencontre souvent sur nos terrasses ou nos entrées de garage sont faits de ciment, de sable et de gravier. " On recense trois principaux types de matériaux de pavements, nous explique Peter Maris, de Maris Natuursteen, une entreprise de pavage de la province d'Anvers. Il y a tout d'abord la pierre bleue, essentiellement utilisée en dalles et bordures. Vient ensuite le grès, roche sédimentaire de couleur brune en provenance des Ardennes. Enfin, le porphyre, une roche d'origine magmatique comparable au granit. " C'est cette roche, particulièrement dure, qui a principalement été utilisée pour paver nos belges chaussées et les fameuses routes de " l'enfer ...

Les pavés sont des produits naturels, alors que les clinkers que l'on rencontre souvent sur nos terrasses ou nos entrées de garage sont faits de ciment, de sable et de gravier. " On recense trois principaux types de matériaux de pavements, nous explique Peter Maris, de Maris Natuursteen, une entreprise de pavage de la province d'Anvers. Il y a tout d'abord la pierre bleue, essentiellement utilisée en dalles et bordures. Vient ensuite le grès, roche sédimentaire de couleur brune en provenance des Ardennes. Enfin, le porphyre, une roche d'origine magmatique comparable au granit. " C'est cette roche, particulièrement dure, qui a principalement été utilisée pour paver nos belges chaussées et les fameuses routes de " l'enfer du Nord ", comme on appelle les derniers tronçons de Paris-Roubaix. Les principales carrières de porphyre sont celles de Lessines et de Quenast, dans le Hainaut. " Mais elles ne fournissent pratiquement plus que du concassé utilisé dans la construction de routes : le coût d'extraction manuelle pour les pavés est trop élevé. C'est la raison pour laquelle une grande partie du granit provient désormais d'Espagne ou du Portugal. " Ou encore de Chine, d'Inde, du Vietnam et d'Argentine, ajoute Timothy Beuselinck, directeur opérationnel chez Beltrami Natuursteen. Timothy Beuselinck constate que les communes n'ont plus, comme avant, tendance à revendre leurs vieux pavés. " Pourquoi le feraient-elles, si c'est pour devoir en racheter trois ans plus tard ? ", demande-t-il. " Les pierres âgées de 80 à 90 ans sont d'aussi bonne qualité que celles que l'on importe maintenant ", ajoute Peter Maris. Elles peuvent être dégagées au moyen d'excavatrices, sans qu'une prudence particulière ne s'impose. Elles sont d'une solidité à toute épreuve. Les pavés classiques sont très demandés, tant par les villes et communes que par les particuliers. " Nombreuses sont les villes qui veulent restituer à leur centre son caractère historique, confirme Peter Maris. Les bâtiments en vieilles pierres exigent que les rues qui les entourent soient aménagées dans un style correspondant : cela donne du cachet à l'ensemble. " Une grande partie des pavés susceptibles d'être utilisés à cette fin se trouvent actuellement dans d'anciens terrains industriels, entrepôts, gares, ateliers. Ou sous l'asphalte de nos rues : de nombreuses voiries ont en effet été asphaltées par dessus les pavés. Ceux-ci réapparaissent sur le marché après des travaux de voirie ou de rénovation du réseau d'égouts. Les pavés ainsi excavés sont parfois recouverts de résidus d'asphalte. Pour les réutiliser et leur rendre un aspect neuf, il suffit d'en scier le dessus. " Ces pavés de réemploi sont très demandés mais ils sont bombés, explique Peter Maris. Nous en ôtons deux centimètres afin de les rendre parfaitement plats. Cela permet de réutiliser énormément de pavés initialement condamnés au rebut. Car aujourd'hui, pour le réaménagement de places, il faut que la surface soit confortable. On doit pouvoir y marcher ou rouler à vélo. A Lierre, par exemple, les rares pavés étaient beaucoup trop bombés : ils ont été aplanis et reposés exactement au même endroit. " Pour d'autres puristes, toutefois, les pavés doivent garder ce côté bombé. Pour certaines courses cyclistes, ils doivent même être inconfortables et se ressentir jusque dans le guidon et la selle ! Par Ad Van Poppel.