Durant l'automne dernier, la Belgique ne disposait que d'une seule centrale nucléaire disponible, ce qui a entraîné un pic pour le prix de l'électricité avec des tarifs culminant à 500 euros par mégawattheure (MWh) en novembre. Mais aujourd'hui, la situation est tout autre. Le prix est négocié sur le marché de gros à 13 euros par mégawattheure (Mwh), avec même un prix sous la barre du zéro (-5 euros par mwh) à certaines heures. Les consommateurs les plus importants, tels que des entreprises chimiques, reçoivent donc de l'argent pour consommer de l'électricité. Un tel phénomène s'explique par la loi de l'offre et de la demande. Mécaniquement, plus l'offre est forte par rapport à la demande, plus le prix de l'électricité baisse. La combinaison des fortes rafales de vent qui ont balayé le territoire ces derniers jours et la disponibilité de six des sept centrales nucléaires a conduit à des prix négatifs en vigueur sur le marché. "Cela arrive de plus en plus souvent, jusqu'à 30 jours par an", commente un entrepreneur en énergie, André Jurres. "Tant l'énergie nucléaire que l'éolienne ne sont pas flexibles. Les centrales coûtent trop cher que pour les éteindre", souligne le patron de Volt Energy. Pour le spécialiste en énergie, ces prix négatifs n'annoncent rien de bon: "ça montre que le marché est déséquilibré, que le système est en train de s'effondrer". Il dit espérer que cette chute du prix de l'électricité fera réagir les autorités. "Ça doit être un signal pour le gouvernement qu'il y a urgence à dégager des alternatives. Nous avons besoin de centrales flexibles, des centrales au gaz dans la phase de transition". La production d'hydrogène à grande échelle pourrait aussi être une solution, selon M. Jurres. Les éoliennes peuvent jouer un rôle important à cet égard. Il voit par ailleurs de nombreux avantages à collaborer avec les Pays-Bas, tant en matière de construction de parcs éoliens en mer du Nord qu'en ce qui concerne la production d'hydrogène. (Belga)