Derrière ce nom qui s'apparente à un salon de toilettage canin se cache l'une des agences digitales parmi les plus dynamiques de notre pays. Fondée il y a une dizaine d'années, l'entreprise est spécialisée dans la création de sites web, d'applications et dans le développement de communication digitale. Aujourd'hui, la société vit un tournant important dans sa courte histoire avec l'ouverture d'une première succursale. Et pour cette première expérience internationale, Dogstudio a vu loin en allant directement s'implanter de l'autre côté de l'Atlantique, à Chicago, soit la troisième ville la plus importante des Etats-Unis. Un sacré défi pour l'agence installée à Namur. " Nous avons rapidement décroché des contrats auprès d'entreprises étrangères mais cela restait assez proche comme la France ou les Pays-Bas, ce qui ne nécessitait pas d'ouvrir de nouveaux bureaux ", explique Gilles Bazelaire, CEO et fondateur de Dogstudio.
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Derrière ce nom qui s'apparente à un salon de toilettage canin se cache l'une des agences digitales parmi les plus dynamiques de notre pays. Fondée il y a une dizaine d'années, l'entreprise est spécialisée dans la création de sites web, d'applications et dans le développement de communication digitale. Aujourd'hui, la société vit un tournant important dans sa courte histoire avec l'ouverture d'une première succursale. Et pour cette première expérience internationale, Dogstudio a vu loin en allant directement s'implanter de l'autre côté de l'Atlantique, à Chicago, soit la troisième ville la plus importante des Etats-Unis. Un sacré défi pour l'agence installée à Namur. " Nous avons rapidement décroché des contrats auprès d'entreprises étrangères mais cela restait assez proche comme la France ou les Pays-Bas, ce qui ne nécessitait pas d'ouvrir de nouveaux bureaux ", explique Gilles Bazelaire, CEO et fondateur de Dogstudio. Néanmoins, l'entreprise namuroise ne part tout à fait en terrain inconnu. L'agence a déjà eu une l'occasion de travailler pour le célèbre Musée des sciences et de l'industrie de Chicago, pour qui elle a notamment repensé totalement le site internet. De quoi se faire une idée de ce qui attend les Namurois. " Les musées là- bas n'ont rien à voir avec ceux que l'on connaît ici, précise Gilles Bazelaire. On parle là-bas de millions de visiteurs par an et de 2.000 travailleurs. " Forcément donc, le potentiel du marché américain fait rêver l'agence. " Nous avions le désir de nous expatrier, poursuit le fondateur. Les Etats-Unis étaient évidemment une destination idéale tant le marché est vaste. Nous avions déjà eu plusieurs autres contrats avec des entreprises américaines, notamment à San Francisco où nous avons eu des opportunités très intéressantes. Nous avons aussi travaillé avec des entreprises reconnues mondialement comme Google et Microsoft. Il semblait donc logique de venir s'installer aux Etats-Unis. Le choix de Chicago s'explique par notre expérience avec le musée mais aussi parce que la ville est assez bien localisée, entre les deux côtes américaines. " Actuellement, l'équipe américaine est encore assez réduite puisqu'elle n'est composée que de deux personnes mais Dogstudio ne compte pas se limiter à ce duo. " C'est une première étape, précise Gilles Bazelaire. On verra comment ça évolue. Nous pourrons élargir notre présence là-bas ou ouvrir des bureaux ailleurs aux Etats-Unis. " Si s'implanter au royaume du digital et des start-up semble un défi osé, cela n'effrayait visiblement pas l'entreprise wallonne. " Etonnamment, il y a peu de concurrence dans notre domaine et nous n'avons rien à envier aux Américains, indique Gilles Bazelaire. En termes de création d'image, il y a une vraie culture en Europe qui est appréciée aux Etats-Unis. Alors que là-bas, les agences sont plutôt orientées en priorité sur la technique. " Dogstudio a fait de la production haut de gamme une spécialité. " Je n'aime pas vraiment présenter notre travail de cette façon car cela pourrait faire croire que nous sommes élitistes, ce que nous voulons éviter, dit-il. Mais il est vrai que nous nous focalisons vraiment sur la qualité. " L'entreprise a ainsi convaincu de grands noms dans le monde du luxe comme Natan ou le célèbre pâtissier Marcolini. Dogstudio compte également parmi ses clients beaucoup de sociétés issues du monde pharmaceutique. " Forcément la Wallonie est très active dans le domaine, souligne encore le fondateur. Nous avons une dizaine de clients dans le secteur. " Et parfois, les collaborations sont aussi plus inattendues comme celle avec le club de foot du Standard de Liège. " C'est un client historique, sourit le fondateur. A mes débuts, je leur ai envoyé un mail pour leur dire que leur site était mal fait. Ils m'ont répondu et c'est comme ça que nous avons commencé à travailler ensemble. " Cette collaboration avec le club de D1 est d'ailleurs aujourd'hui utile : " Nous sommes en discussion avec l'équipe de soccer de Chicago pour travailler avec eux, commente Gilles Bazelaire. Le fait d'avoir cette expérience avec le Standard sera, j'en suis certain, un vrai plus ." Même si le plus souvent les agences digitales sont localisées dans la capitale, Dogstudio a décidé de rester implanté dans sa région d'origine, Namur. " Ce n'est effectivement pas banal mais je suis namurois d'origine et j'étais persuadé que je pouvais rester ici, même si on m'a dit à plusieurs reprises à mes débuts que ça ne marcherait pas. " Aujourd'hui, la société compte une bonne trentaine de travailleurs, installés dans des locaux en plein centre de la capitale wallonne. Des récompenses recouvrent tous les murs. " Nous n'avons plus de place, nous allons devoir en accrocher dans l'escalier ", s'amuse le créateur en désignant un tas de récompenses qui traînent dans un coin. Parmi les plus beaux succès de Dogstudio figure le nouveau site du célèbre metteur en scène et homme d'affaires Franco Dragone. Il fut désigné meilleur site de l'année par Awwwards, l'un des magazines de référence dans le secteur. L'agence digitale fut également classée par le magazine meilleure agence européenne et huitième au niveau mondial. Une reconnaissance internationale que Dogstudio doit beaucoup à sa collaboration avec le créateur belge. " Même s'il est parfois critiqué en Belgique, Franco Dragone est une marque très forte et vraiment appréciée à l'international, précise Gilles Bazelaire. Travailler avec lui nous a offert une très belle vitrine partout dans le monde. Nous sommes régulièrement contactés par des personnes qui nous connaissent grâce à cette collaboration. " Un intérêt de l'étranger qui pousse l'agence à envisager l'ouverture de nouveaux bureaux. " Nous avons un projet en Suisse et un autre qui avance très bien du côté de Dubaï, poursuit le boss. Au Moyen-Orient, les possibilités sont très fortes et on y a déjà de nombreuses demandes. Mais c'est impossible de travailler pour eux sans être sur place. " Face à cet engouement, l'entreprise est en pleine croissance. Avec un chiffre d'affaires annuel de 2,4 millions d'euros, Dogstudio a pris véritablement son envol depuis quelques années. Un tiers du personnel a été engagé au cours des six derniers mois. Une expansion que n'aurait pas imaginée le fondateur lorsqu'il lança son agence dans le grenier de ses parents avec l'aide de son frère et deux amis. " Je n'oserai même pas montrer les photos ", sourit-il. Une situation qui a bien changé depuis. Par Arnaud Martin.