Ne l'appelez surtout pas Choupette. Son prénom à elle, c'est Juliet ! Et même si elle ressemble à l'héroïne du film Un amour de coccinelle sorti en 1969, son histoire n'a rien à voir. Ou presque. Juliet, c'est une Choupette belge bodybuildée. Elle n'est pas née dans les studios du géant américain il y a 50 ans mais il y à peine quatre mois dans la tête de Pascal Witmeur, ancien pilote de course belge et crack du marketing. L'homme n'en est d'ailleurs, pas à son premier " coup " dans l'univers du sport automobile ( lire l'encadré " 4 autres 'coups' de Pascal Witmeur à Spa). Celui qui totalise 28 participations aux 24 Heures de Spa-Francorchamps et huit aux 24 Heures du Mans baigne dans l'univers de l'autotombile depuis des années. Aussi lui est-il venu l'idée (un peu folle) de faire rouler une " Cox " (comprenez une Coccinelle VW) aux Total 24 Heures de Spa. Mais " les règles sont évidemment super strictes pour faire entrer un véhicule sur un tel circuit international, précise le géniteur de Juliet. Pas question de rouler avec une voiture de ville, ni même un bolide qui ne réponde pas à un cahier des charges technique et sportif bien défini. "
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Ne l'appelez surtout pas Choupette. Son prénom à elle, c'est Juliet ! Et même si elle ressemble à l'héroïne du film Un amour de coccinelle sorti en 1969, son histoire n'a rien à voir. Ou presque. Juliet, c'est une Choupette belge bodybuildée. Elle n'est pas née dans les studios du géant américain il y a 50 ans mais il y à peine quatre mois dans la tête de Pascal Witmeur, ancien pilote de course belge et crack du marketing. L'homme n'en est d'ailleurs, pas à son premier " coup " dans l'univers du sport automobile ( lire l'encadré " 4 autres 'coups' de Pascal Witmeur à Spa). Celui qui totalise 28 participations aux 24 Heures de Spa-Francorchamps et huit aux 24 Heures du Mans baigne dans l'univers de l'autotombile depuis des années. Aussi lui est-il venu l'idée (un peu folle) de faire rouler une " Cox " (comprenez une Coccinelle VW) aux Total 24 Heures de Spa. Mais " les règles sont évidemment super strictes pour faire entrer un véhicule sur un tel circuit international, précise le géniteur de Juliet. Pas question de rouler avec une voiture de ville, ni même un bolide qui ne réponde pas à un cahier des charges technique et sportif bien défini. " Mais heureusement pour l'ancien pilote, les organisateurs de la course, très ouverts à l'idée de créer un événement original lors de leur compétition, identifient dans le règlement international la possibilité de faire entrer un véhicule qui ne réponde pas tout à fait aux caractéristiques habituelles, sous la catégorie " invitational class ". Reste que la voiture doit malgré tout être une " GT ", donc conçue pour les courses de longues distances et d'endurance. Pascal Witmeur décide d'acheter une Porsche GT qu'il va totalement faire redessiner sur le modèle de Choupette. " On m'a pris pour un fou, se souvient-il un brin amusé. Surtout que j'avais exactement 100 jours pour y parvenir. " L'homme cherche alors un investisseur. Car son petit coup de folie a un prix : plus de 300.000 euros pour l'achat de la Porsche et plusieurs centaines de milliers pour le design de la nouvelle carrosserie, les moules, les pièces, etc. C'est une équipe de designers et spécialistes liégeois qui bossera sur cette carrosserie unique, en partant d'une base mise en place par la société spécialisée Carat Duchatelet. Du made in Belgium donc. Pour le volet financement, Pascal Witmeur entre en contact avec Michel Deman, fondateur des concessions Mercedes du même nom. Après sa carrière de concessionnaire, ce dernier s'est reconverti dans le commerce de voitures de luxe. Les véhicules hors normes, il connaît... Il suffit, pour s'en convaincre, de voir son étonnant showroom d'Ixelles où s'alignent plus d'une centaine de modèles de voitures de luxes : Ferrari, Mercedes, GT de collections et autres raretés à plus d'un million d'euros. Quand Pascal Witmeur lui présente le projet Juliet, Michel Deman n'hésite pas longtemps, même si la note s'élèvera à près de 900.000 euros (plus de 500.000 pour la voiture, le reste pour les frais de participation et de matériel pour les 24 Heures, le marketing, les équipes, etc). Son calcul ? D'abord, Juliet deviendra une excellente ambassadrice. " Elle donne une image très sympathique de l'automobile et de notre garage, se réjouit Michel Deman. Depuis le départ, nous n'avions pas d'espoir sportif puisque Juliet est plus lourde et moins performante que tous les autres modèles alignés à Spa. L'idée était surtout de réaliser un projet fou et une opération de charme. " Et pourquoi pas, de faire une plus-value. Le pari consiste en effet aussi à attirer l'attention des collectionneurs." Il y a un marché potentiel pour ce type de véhicule unique, avec une belle histoire ", avance Pascal Witmeur. Celle qu'il entend proposer au public est simple : Choupette qui fête ses 50 ans rêve de participer aux mythiques 24 heures de Spa et s'invite aux essais. Mais les organisateurs ne la tolèrent pas et l'excluent du circuit. Terriblement vexée et énervée, Choupette compte donner à tous ces gens une sérieuse leçon et, pendant la nuit, se transforme en un rutilant bolide de course, dénommé Juliet, prête à en découdre sur le bitume. Le tout avec une couche de bienfaisance puisque Juliet soutient l'action caritative Viva For Life. Ce scénario, le team derrière Juliet le met en place début juillet lors des essais des 24 heures, après s'être assurée que le groupe Disney ne lui causerait pas de souci pour l'utilisation de l'image de son personnage légendaire. Mais cette " bénédiction " s'accompagne aussi de son lot de contraintes : pas de sponsors sur cette Choupette déguisée, et une communication policée autour du personnage. Les essais sont filmés et orchestrés pour faire le buzz sur les réseaux sociaux.Et la sauce prend. Rapidement, les férus d'automobiles, alimentés par la presse spécialisée du monde entier, s'emparent de la curiosité. Des médias européens, mais aussi chinois, australiens et américains relaient l'info. Cette opération amuse et séduit le public qui vient en nombre pour approcher la version 2019 de Choupette et se faire prendre en photo. Entre les essais début juillet et la course elle-même, les 27 et 28, Juliet attire aussi du monde lors de différents événements où elle vient opportunément prendre un bain de foule, y compris lors du Tour de France. Même l'influenceur automobile POG (près de 500.000 followers sur Instagram) fait un détour pour venir la saluer. Au total, les vidéos de Juliet postées sur Facebook dépassent rapidement le cadre des 5.000 amis de la voiture et atteignent les 300.000 vues. Lors de la compétition de Spa, fin juillet, Juliet est pilotée par une équipe 100% belge de coureurs et coureuses auto- mobiles : Angélique Detavernier, Loïc Deman, Stéphane Lemeret et Marc Duez. Depuis, Michel Deman aurait déjà reçu plusieurs offres d'achat, mais ne se montre pas trop pressé de se séparer de sa Juliet. L'homme sait que les belles histoires font vendre. C'est pourquoi, il n'est pas impossible que le véhicule traverse l'Atlantique pour participer à une course aux Etats-Unis. Une nouvelle manière de faire parler de lui. Et pourquoi pas séduire un pilote de renom ? L'opération devrait, si tout va bien, doper de toute façon l'intérêt des collectionneurs et faire, encore, grimper son prix. " Le but consiste surtout à récupérer la mise, soutient toutefois Michel Deman. Cette opération est d'abord un bel amusement et le fruit d'une passion. " Aujourd'hui, Juliet continue de se faire inviter par plus d'un organisateur d'événements, qui la louent pour créer la surprise et amuser le public. En attendant le " grand amour " ?