"Nous sommes très heureux de vous compter parmi nos clients. A ce titre, vous nous avez confié vos données personnelles. Sachez que nous en prenons soin, écrit cette grande chaîne de prêt-à-porter dans un mail datant du 1er juin. Si c'est vraiment votre volonté (de nous briser le coeur), nous pouvons supprimer vos données sur simple demande à notre service client. "
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"Nous sommes très heureux de vous compter parmi nos clients. A ce titre, vous nous avez confié vos données personnelles. Sachez que nous en prenons soin, écrit cette grande chaîne de prêt-à-porter dans un mail datant du 1er juin. Si c'est vraiment votre volonté (de nous briser le coeur), nous pouvons supprimer vos données sur simple demande à notre service client. " Des mails de ce genre, plus d'un consommateur européen en a vu s'accumuler dans sa boîte de réception à la veille et aux lendemains de la mise en application du Règlement général sur la protection des données (RGPD), le 25 mai dernier. Partager un nouveau statut sur Facebook, s'inscrire sur un site web, utiliser des applications, compléter un formulaire pour recevoir une carte de fidélité..., toutes ces activités génèrent en effet des données que les entreprises et les administrations récoltent et utilisent, notamment à des fins publicitaires. Ce règlement européen donne donc un nouveau cadre pour la détention et l'utilisation de ces informations. Sont concernés : les géants du Web, les multinationales, les grandes entreprises, mais aussi les PME et les administrations. Ce règlement impose notamment la présence d'un data protection officer (DPO) dans chaque entreprise et administration. Dans les grandes sociétés, un collaborateur prend généralement ce rôle à temps plein, et est parfois secondé par des collègues. Mais pour les petites entreprises, le DPO par défaut, c'est le gérant, qui se voit donc confronté une charge de travail administratif supplémentaire. Pour soulager ces PME, la compagnie d'investissement Participium a donc créé la société IDlegcy en décembre 2017, avec le concours d'investisseurs privés. Cette start-up a développé Idmanager, une plateforme qui donne l'occasion aux internautes qui s'y sont authentifiés gratuitement de réunir en un seul endroit les coordonnées des différentes entreprises qui possèdent des données les concernant. Ils peuvent ainsi entrer en contact avec les DPO de chacune d'elles pour leur demander de leur envoyer, de modifier ou de supprimer ces informations. En rassemblant ses différents contacts, en automatisant certaines procédures et simplifiant le suivi des demandes, IDlegcy allège donc le travail administratif des data protection officer, voire fait de Idmanager un nouvel outil pour améliorer la relation-client. Et la start-up l'assure : elle ne fera pas commerce des ces informations. " Nous ne voulons pas voir vos données ", assure Jan Lagast, managing partner d'IDlegcy. Idmanager a été lancée le 24 mai pour être testée par les sociétés du groupe Participium, mais devrait être accessible à tous avant cette mi-juillet. Parallèlement, IDlegcy est en pleine prospection auprès de sociétés de taille moyenne pour leur proposer ce service et leur expertise, car la start-up veut aussi développer une activité de conseil pour aider les sociétés à transformer ce RGPD en un outil commercial.