" Nous nous attendons à de vraies catastrophes dans le commerce non alimentaire. " Pierre-Alexandre Billiet n'y va pas par quatre chemins. D'après le CEO de la plateforme professionnelle consacrée au retail Gondola, jusqu'à 49% des détaillants non alimentaires devraient connaître des soucis de cash-flow dans les six mois. Ces derniers temps, la liste noire des enseignes dans la tourmente n'a cessé de s'allonger. On citera notamment e5 mode, FNG (Brantano), Camaïeu, Galeria Karstadt Kaufhof (Galeria Inno), Trafic, Maxi Toys, etc.
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" Nous nous attendons à de vraies catastrophes dans le commerce non alimentaire. " Pierre-Alexandre Billiet n'y va pas par quatre chemins. D'après le CEO de la plateforme professionnelle consacrée au retail Gondola, jusqu'à 49% des détaillants non alimentaires devraient connaître des soucis de cash-flow dans les six mois. Ces derniers temps, la liste noire des enseignes dans la tourmente n'a cessé de s'allonger. On citera notamment e5 mode, FNG (Brantano), Camaïeu, Galeria Karstadt Kaufhof (Galeria Inno), Trafic, Maxi Toys, etc. On apprenait la semaine dernière que la chaîne néerlandaise Hema était, elle aussi, sous pression. L'enseigne affiche une dette de 800 millions d'euros et connaît une baisse significative de croissance dans ses marchés domestiques (Pays-Bas, Belgique, France). Craignant de ne jamais être remboursés des 600 millions d'euros prêtés, ses créanciers proposent de convertir une partie de leurs créances en actions qu'ils s'empresseront de revendre. En contrepartie, ils apureront une partie de la dette. L'endettement, c'est également le problème du groupe FNG, propriétaire, entre autres, du spécialiste de la chaussure Brantano. On parle d'un montant de 540 millions d'euros. En cause notamment : la stratégie agressive d'acquisition menée par le groupe ces dernières années. Pour sortir la tête de l'eau, l'entreprise a demandé à ses obligataires une suspension du versement des intérêts, mais cela ne suffira certainement pas. FNG pourrait devoir introduire une procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) pour se protéger de ses créanciers. On parle aussi de la fermeture de certains magasins. Si la crise que nous traversons a évidemment accéléré les choses, les difficultés de ces enseignes ne datent pas d'hier. " La plupart avaient déjà des soucis, relève Pierre-Alexandre Billiet. N'importe quelle crise aurait mis à mal un modèle déjà à plat. " Outre les problèmes spécifiques que peut connaître chaque société, cet expert pointe l'économie selon lui dépassée du t-shirt à 1 euro. " Toute l'industrie du textile est là-dedans, dit-il. Il s'agit de faire fabriquer en Asie à très bas coûts et de revendre un peu plus cher de gros volumes dans les pays riches. Mais les choses ont changé. Les coûts de production ont augmenté et les volumes ont baissé. L'industrie n'est jamais parvenue à contrer cela en créant de la valeur. " Pour cet observateur, le fait que les enseignes jouent dans le low cost, le milieu de gamme ou le premium n'est pas un prisme pertinent pour analyser la situation. Tout le monde est touché. " Ce n'est pas un problème de positionnement produit, estime-t-il. C'est une question de fonctionnement. Nous sommes entrés dans une économie de la fluctuation (au niveau de la production, des achats, etc.), en totale contradiction avec l'économie de l'optimisation (absence de stocks, etc.). Les retailers ne sont pas du tout organisés pour faire face à cette volatilité qui demande des capitaux supplémentaires et de la résilience. "