Au total près de 280.000 voyageurs sont touchés depuis vendredi, date du début du conflit et de la rupture des négociations entre les partenaires.

Lundi 667 vols sont annulés et 546 mardi, a indiqué la compagnie dans un communiqué.

Une majorité des vols intérieurs, mais aussi des liaisons européennes et long-courriers de SAS sont perturbés par ce débrayage suivi par plus de 1.400 pilotes en Suède, au Danemark et en Norvège.

Aucune discussion n'est actuellement en cours entre les parties, selon Rawaz Nermany, le président de l'association des pilotes.

"Pour dépasser nos différends, il faut que SAS montre une vraie volonté de discuter et de se retrouver autour de la table des négociations", a-t-il dit à l'agence suédoise TT.

Son association, qui a initié la grève, a déclaré que des mois de négociations n'avaient pas permis de trouver une solution à la "détérioration des conditions de travail, aux horaires de travail imprévisibles et à l'insécurité de l'emploi" pour les pilotes.

La confédération suédoise des entreprises de transport a pour sa part affirmé qu'elle ne pouvait pas accepter une augmentation de 13% des salaires demandée par les pilotes, au vu d'une "moyenne déjà élevée de 93.000 couronnes (8.766 euros) par mois".

L'association suédoise, soutenue dans ses demandes par les associations des pilotes danois et norvégiens, a précisé que les horaires de travail variables, plus que les salaires, étaient le principal objectif des discussions.

SAS a lancé plusieurs programmes d'économie ces dernières années pour redresser sa rentabilité, après avoir frôlé la faillite en 2012.

"Si SAS cède aux demandes des pilotes, on peut être assez sûr que dans quelques trimestres, SAS se retrouvera en déficit et devra se battre pour survivre", a déclaré à l'agence Ritzau l'analyste en chef de la banque danoise Sydbank, Jacob Pedersen.

Selon cette banque, la grève coûte au transporteur entre 60 et 80 millions de couronnes par jour.

Au premier trimestre 2019, la compagnie a aggravé ses pertes, en raison d'effets de change négatifs et du regain des prix du carburant. Elle a enregistré une perte nette de 469 millions de couronnes suédoises (44,5 millions d'euros), contre 249 millions un an plus tôt. Mais elle escompte un bénéfice annuel.