Entre le prestige d'une renaissance sportive à la Juventus de Turin et le confort financier d'une fin de carrière pépère en Chine, le talentueux Axel Witsel a choisi la seconde option footballistique. A 28 ans, le Diable Rouge devient ainsi le huitième joueur le mieux payé de la planète - avec un salaire annuel de 18 millions d'euros au club chinois de Tianjin Quanjian - et donc le premier Belge à gagner autant d'argent dans l'univers du ballon rond (Eden Hazard ne touche " que " 16 millions par an à Chelsea).
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Entre le prestige d'une renaissance sportive à la Juventus de Turin et le confort financier d'une fin de carrière pépère en Chine, le talentueux Axel Witsel a choisi la seconde option footballistique. A 28 ans, le Diable Rouge devient ainsi le huitième joueur le mieux payé de la planète - avec un salaire annuel de 18 millions d'euros au club chinois de Tianjin Quanjian - et donc le premier Belge à gagner autant d'argent dans l'univers du ballon rond (Eden Hazard ne touche " que " 16 millions par an à Chelsea). Loin d'être anecdotique, le choix d'Axel Witsel reflète la profonde mutation qu'est en train de vivre le monde du football dont le centre de gravité se déplace doucement vers l'Asie. En Chine, le président Xi Jinping ambitionne en effet de transformer son pays en une grande puissance du ballon rond et il a d'ailleurs développé une véritable stratégie en ce sens. L'objectif ? Placer la Chine en position dominante sur l'échiquier mondial du foot et décrocher l'organisation de la Coupe du Monde idéalement en 2026 ou, au pire, en 2030. Pour arriver à ses fins, le président chinois veut non seulement booster les performances de son équipe nationale de football - actuellement à la 82e place du classement Fifa - mais surtout enthousiasmer les foules en multipliant les centres de formation qui devraient passer de 5.000 aujourd'hui à 50.000 à l'horizon 2025. Certes, la Chine n'est pas " culturellement " réceptive à ce sport d'équipe, mais Xi Jinping veut changer la donne en République populaire et importer le savoir-faire européen pour mieux former les futures stars du football chinois. Proches des hautes sphères du pouvoir, les grands groupes économiques chinois répondent positivement à l'appel du président et investissent massivement, depuis quelques mois, dans les grands clubs de foot européens. Propriétaire du célèbre Club Med, le conglomérat chinois Fosun possède ainsi l'équipe anglaise de Wolverhampton, tandis que le groupe immobilier Wanda s'est offert récemment 20 % du capital de l'Atletico Madrid et que Silvio Berlusconi est en train de finaliser la vente du mythique AC Milan aux investisseurs chinois de Sino-Europe Sports. Tout aussi prestigieux, les clubs d'Aston Villa, FC Grenade, Sochaux et OGC Nice appartiennent désormais à des sociétés chinoises, sans oublier que, chez nous, la gestion des droits du foot de la Jupiler Pro League est aujourd'hui aux mains de M&P Silva, une agence récemment rachetée par le fonds Shanghai Jin Xin Investment. Peu rentable d'un point de vue strictement financier, la présence des capitaux chinois dans les clubs européens permet en revanche de servir la cause footballistique du pays. Des synergies sont mises en place entre des équipes géographiquement éloignées qui appartiennent aux mêmes sociétés et les joueurs chinois peuvent ainsi bénéficier de l'expertise européenne pour élever leur niveau. Une stratégie à long terme qui passe aussi par la présence de grands joueurs argentins, français ou belges dans la Chinese Super League, le championnat de foot chinois qui doit lui aussi monter en puissance pour attirer les foules et accélérer cette révolution économico-culturelle. Inutile de dire que cela suppose évidemment des salaires mirobolants...