La Belgique n'a pas été touchée, comme la France, par la loi Macron, qui a libéralisé les lignes régulières d'autocar en 2015. Ou l'Allemagne, qui avait précédé la France en 2013 sur ce terrain. Mais le voyageur belge bénéficie des retombées de ces nouveaux marchés avec l'arrivée d'offres de lignes internationales de bus très bon marché, avec l'Allemand FlixBus, le Français Ouibus (SNCF). Bruxelles-Paris est vendu à partir de 13 euros par FlixBus, 12 euros sur Ouibus. Il y a eu aussi Megabus, avec ses tickets à partir d'un euro, qui s'est retiré et a vendu son activité à FlixBus sur l'Europe continentale.
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La Belgique n'a pas été touchée, comme la France, par la loi Macron, qui a libéralisé les lignes régulières d'autocar en 2015. Ou l'Allemagne, qui avait précédé la France en 2013 sur ce terrain. Mais le voyageur belge bénéficie des retombées de ces nouveaux marchés avec l'arrivée d'offres de lignes internationales de bus très bon marché, avec l'Allemand FlixBus, le Français Ouibus (SNCF). Bruxelles-Paris est vendu à partir de 13 euros par FlixBus, 12 euros sur Ouibus. Il y a eu aussi Megabus, avec ses tickets à partir d'un euro, qui s'est retiré et a vendu son activité à FlixBus sur l'Europe continentale. "Nous prenons un risque plus grand que les autocaristes""Nous avons dépassé le million de voyageurs depuis notre ouverture en 2015, en 18 mois" explique Max Zeumer, manager du développement international de FlixBus. Il propose des dizaines de destinations, dont Paris (12 fois par jour) et Prague (2 fois par jour). Le modèle de FlixBus, entreprise née à Munich, est proche de celui d'Uber. La société ne possède pas d'autocars, mais conclut des accords avec des autocaristes locaux. En Belgique il s'agit de Staf Cars (photo) et de RST Travel. FlixBus est, comme Uber, une plateforme de réservation. Les voyageurs achètent leurs trajets sur le web ou sur une appli, et les payent à FlixBus, qui partage le revenu avec les sociétés d'autocar. Elle se présente comme le premier acteur européen, avec des trajets assurés par un millier de cars."Nous faisons davantage que jouer le rôle d'une plateforme de réservation" précise Max Zeumer. "Nous établissons les lignes en fonction de la demande, et nous prenons un risque plus grand que les autocaristes. Car dans le partage des recettes, nous garantissons une recette minimale."Wifi garantiLes sociétés d'autocar s'engagent à mettre en service des véhicules aux couleurs de FlixBus (le vert) et avec les services et équipements définis par la start-up allemande, dont le précieux wifi. FlixBus contrôle le respect des normes et des services à travers des voyageurs anonymes et, selon l'habitude du Net, à travers les appréciations demandées aux voyageurs.La Belgique est un petit marché pour FlixBus et ses concurrents. "Il est important pour nous, car il est aussi sur le chemin de nombreuses lignes internationales." Le public est constitué par la clientèle sensible aux prix et à celle attirée par des lignes directes là où le train est absent, comme Zürich-Münich. "Lorsque nous ouvrons une ligne, les premiers à venir sont les jeunes, qui veulent essayer le trajet, puis les voyageurs plus âgés viennent ensuite." La concurrence du Thalys low cost et de Blablacar met FlixBus sous pression. "La fréquentation reste bonne sur Bruxelles-Paris" assure Max Zeumer. En Belgique FlixBus et les autres acteurs n'assurent que les trajets internationaux. Ils ne sont pas autorisés à assurer des lignes intérieures.Souci avec Megabus en FranceFlixBus profite de la consolidation du marché. La libéralisation en France et en Allemagne a attiré beaucoup de nouveaux acteurs, et la rentabilité difficile de l'activité a très vite entraîné des consolidations. Jusqu'ici FlixBus a profité de ce phénomène d'écrémage. Ainsi Megabus, qui se voulait le Ryanair du car, a jeté l'éponge en Europe continentale. Son propriétaire, le britannique Stagecoach, a revendu l'activité à FlixBus. Qui, fidèle à son modèle, n'a pas repris les autocars, mais, éventuellement, les utilise pour ses lignes selon le principe du partage des recettes. Ce transfert a mal tourné en France, où l'accord de sous-traitance entre Megabus et Flixbus a été arrêté. Megabus France est en faillite. "Mais nous travaillons encore avec Megabus dans d'autres pays" dit Max Zeumer.