Aux derniers Grammy Awards - la cérémonie qui rassemble le gratin de l'industrie musicale aux Etats-Unis - un nouvel acteur s'est glissé dans la foule. En marge de l'événement, lors d'une réunion feutrée accueillant notamment des représentants de Spotify, Apple et YouTube, un cadre de Facebook est venu discuter avec les majors du disque, révèle l'agence Bloomberg. Le réseau social cherche à conclure un accord avec les grandes maisons de disque afin de faciliter la diffusion de contenu musical sur sa plateforme. Pour négocier avec Universal, Sony Music et...

Aux derniers Grammy Awards - la cérémonie qui rassemble le gratin de l'industrie musicale aux Etats-Unis - un nouvel acteur s'est glissé dans la foule. En marge de l'événement, lors d'une réunion feutrée accueillant notamment des représentants de Spotify, Apple et YouTube, un cadre de Facebook est venu discuter avec les majors du disque, révèle l'agence Bloomberg. Le réseau social cherche à conclure un accord avec les grandes maisons de disque afin de faciliter la diffusion de contenu musical sur sa plateforme. Pour négocier avec Universal, Sony Music et consorts, Facebook vient de débaucher une dirigeante de YouTube, chargée précisément des partenariats avec les majors. Les relations entre le monde de la musique et les plateformes numériques ont toujours été compliquées. Certains artistes reprochent à Spotify, Deezer et autres YouTube d'accaparer des revenus qui leur reviennent. Les majors ont aussi bataillé contre la diffusion gratuite sur Internet de contenus protégés par le droit d'auteur. C'est la raison pour laquelle des accords ont fini par être trouvés, fixant une certaine forme de partage des revenus. En 2016, YouTube a ainsi reversé 1 milliard de dollars de revenus publicitaires à l'industrie musicale. Facebook veut suivre le même chemin que ses acolytes. Un partage des revenus avec les majors du disque pourrait intéresser les deux parties. Pour l'industrie musicale, Facebook représente potentiellement une source intéressante de revenus. Avec 1,86 milliard d'utilisateurs dans le monde, la plateforme est un puissant outil de diffusion de contenus musicaux. Si elles concluent un accord avec Facebook, les majors pourraient toucher une partie du gâteau publicitaire du réseau social. Pour Facebook, un deal avec les majors s'inscrit dans sa stratégie basée prioritairement sur le partage de vidéos. En 2016, le réseau social a révélé que, chaque jour, 8 milliards de vidéos sont visionnées pendant plus de trois secondes sur sa plateforme. Pour renforcer encore l'attractivité de ce contenu, Facebook souhaite faciliter l'utilisation des catalogues de chansons détenus par les majors du disque. Cela pourrait servir à enrichir les vidéos personnelles des utilisateurs de Facebook, mais aussi à partager des clips vidéos originaux créés par les artistes, et ce en toute légalité. L'objectif final de Facebook est de capter l'attention de ses utilisateurs pendant le laps de temps le plus long possible. Plus ceux-ci passent du temps sur la plateforme, plus ils sont susceptibles d'être exposés à la publicité, plus ils rapportent d'argent à Facebook. A ce petit jeu-là, l'entreprise de Mark Zuckerberg s'avère plutôt douée. En 2016, chaque membre du réseau social a rapporté 4,73 dollars de revenus publicitaires à la société, un chiffre en hausse de 31,4 % sur un an.