Son " crime " ? Avoir fait disparaître à Vrasene une douzaine de bunkers datant de la guerre de 1914-1918. " J'avais, soutient-il, l'accord verbal du bourgmestre ", ce que ce dernier dément formellement.

Imaginant pouvoir être attaqués par les Alliés au départ des Pays-Bas, pourtant neutres, les Allemands avaient construit vers 1916-1917, entre Knokke et Anvers, une ligne de fortifications passant notamment par Vrasene, entité fusionnée depuis avec la commune de Beveren. Ces constructions font aujourd'hui partie du patrimoine architectural de la Flandre mais ne l'étaient pas encore en 2009 lorsque Luc Van Puymbroek en fit disparaître quelques-unes pour dégager ses champs et pâtures.

C'était facile, explique-t-il. " Il suffit d'enlever, à l'aide d'une excavatrice, la terre qui les entoure. Le bunker s'enfonce alors dans la terre, sous son propre poids ", décrit-il. Une douzaine de fortifications ont ainsi disparu. Sans autorisation, a jugé en 2014 le tribunal qui a condamné l'exploitant agricole à remettre les lieux en état sous peine d'une astreinte de 250 euros par jour de retard. Appel, cassation, rien n'y fait : Luc Van Puymbroeck doit s'exécuter. L'ennui est que les bunkers escamotés en 2009 se trouvent aujourd'hui deux mètres sous terre, qu'il n'existe que deux entreprises capables de les exhumer et que le devis le plus bas s'élève malgré tout à 3,75 millions d'euros. Entretemps, le compteur tourne et dépasse déjà les 400.000 euros. Financièrement étranglé, Luc Van Puymbroeck a tout perdu et s'estime frappé de manière disproportionnée. D'autant que d'autres, dans les environs, ont fait comme lui, sans être le moins du monde inquiétés.