Aux yeux de Skeyes, la sécurité du trafic aérien au-dessus de la Belgique serait compromise si l'entreprise engageait des candidats de plus de 25 ans car leurs performances cognitives feraient défaut. Elle refusait dès lors de les inviter à des entretiens d'embauche, situe Unia.

Pour l'ex-centre interfédéral, qui affirme s'être adressé à la justice après avoir tenté en vain de résoudre le problème à l'amiable, la société n'apportait cependant pas la preuve de cette affirmation et le juge a estimé la limite d'âge en question illégale.

Le tribunal a accordé une indemnité à sept candidats contrôleurs aériens qui avaient été refusés en raison de leur âge. Skeyes doit leur payer des dommages et intérêts équivalents à six mois de salaire. Le jugement précise également que l'entreprise devra payer une astreinte de 500 euros par jour si elle maintient sa limite d'âge.

Dans une réaction, la partie condamnée dit "prendre acte du jugement" et en étudier les conclusions afin de voir "comment elle peut l'appliquer aux embauches futures". Elle souligne que celui-ci n'a pas de conséquences sur celles qui ont déjà eu lieu.

Skeyes avait mis en place cette limite d'âge sur base d'études scientifiques selon lesquelles il y a un lien entre l'âge et l'apprentissage de certaines compétences, explique-t-elle, ajoutant suivre également la tendance d'autres pays. La France, l'Allemagne, les Pays-Bas ou le Luxembourg ont en effet également fait un tel choix avec une limite moyenne de 25 ans. Le juge n'a cependant pas été convaincu par la limite proposée.

Selon les statistiques d'Unia, les dossiers de possible discrimination fondée sur l'âge ont connu une augmentation de près de 35% en 2018 (152 dossiers au total) par rapport à la moyenne des cinq années qui précèdent. Une hausse que l'institution lie à la couverture médiatique de la problématique.