Dans son rapport, la BNB estime que les banques appliquent des marges trop faibles sur les crédits hypothécaires qu'elles octroient. Autre reproche: les banques continuent à prêter des montants supérieurs à plus de 80% de la valeur du bien immobilier financé. "Le message aux banques est très clair: vous devez faire attention", met en garde le gouverneur de la BNB. "Nous ne sommes pas contents avec ce qui s'est passé", poursuit Pierre Wunsch, avant d'avertir: "les banques disent qu'il y a beaucoup de concurrence sur le marché belge et qu'elles éprouvent dès lors des difficultés à augmenter leurs marges. Si cela se poursuit, nous ferons quelque chose". Face à "l'accumulation de vulnérabilités" dans le secteur, la BNB avait décidé mi-2018 d'instaurer une nouvelle mesure macroprudentielle pour l'immobilier résidentiel visant à augmenter les réserves des banques. Cette mesure a permis la formation par les banques d'un coussin d'environ 1,7 milliard d'euros de fonds propres. Le ministre des Finances va demander à la Banque nationale "de jouer son rôle en tant que régulateur et de prendre des mesures, avec les banques, pour veiller que l'on ne mette pas des gens dans des problèmes financiers", a-t-il déclaré vendredi en marge du conseil des ministres. "Si la Banque nationale dit qu'un danger est en train de se créer, alors je trouve qu'elle doit venir avec des mesures." Il revient à la Banque nationale de définir le contenu de ces mesures, estime le vice-Premier ministre, tout en saluant le fait que les banques elles-mêmes, par le truchement de la fédération sectorielle Febelfin, soient demandeuses de telles mesures. Quant au vice-Premier ministre CD&V Kris Peeters, il n'est pas contre le principe de mesures mais cela ne doit pas se faire au détriment des jeunes qui n'ont pas de capital ou n'ont pas de parents fortunés, estime-t-il. (Belga)