L'étude de l'Observatoire des prix sur les architectes, les services juridiques (avocats, huissiers, notaires) et les comptables constate que d'une manière générale, ces secteurs sont moins concurrentiels et génèrent de plus gosses marges en Belgique que dans les pays voisins, c'est cela ?
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L'étude de l'Observatoire des prix sur les architectes, les services juridiques (avocats, huissiers, notaires) et les comptables constate que d'une manière générale, ces secteurs sont moins concurrentiels et génèrent de plus gosses marges en Belgique que dans les pays voisins, c'est cela ? Il y a deux constats. Le premier repose sur l'indicateur de l'OCDE sur la réglementation. Dans une série de domaines, la Belgique est plus réglementée que la moyenne. Le second est une analyse économique. D'après les trois indicateurs que nous avons retenus, la dynamique du marché belge est moins prononcée et l'on constate une " efficacité allocative " ( le fait que ce sont normalement les personnes les plus efficaces qui prennent le plus de parts de marché, Ndlr) moins développée en Belgique que dans d'autres pays. A quoi est-ce dû ? On ne peut pas affirmer que ces résultats sont uniquement liés à la présence d'une réglementation trop importante dans notre pays. Il est difficile de ne pas réglementer certaines professions, afin de fournir au consommateur une assurance de qualité d'un certain service. Construire une maison est un investissement important, il est normal que le métier d'architecte soit réglementé. Mais trop de réglementation peut introduire un seuil à l'entrée pour une série de professions, et c'est au législateur à éviter que l'abondance des réglementations ne constitue pas un seuil à l'entrée trop élevé qui empêche de nouvelles entreprises de pénétrer le marché. Nous espérons que cette étude attire l'attention du monde politique afin qu'il regarde si la législation qui a été mise en place aboutit à son objectif. Par exemple, des activités qui sont chez nous l'apanage des notaires sont exécutées ( moins cher, Ndlr) aux Pays-Bas par les communes ou d'autres administrations. Le cabinet du ministre de la Justice Koen Geens est d'ailleurs en train de repenser la réglementation sur le notariat. Ces professions se caractérisent chez nous par moins de nouveaux entrants et surtout moins de sortants qu'en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas. Pourquoi ? Ces activités sont en effet plus stables en Belgique. La Banque nationale a déjà écrit sur ces " firmes zombies ", c'est-à-dire des firmes qui, dans un marché efficace, auraient dû sortir, mais qui, en raison de défaillances de notre marché, peuvent continuer à exister. Nous n'avons pas étudié cela en détail, mais c'est un constat général pour une série de secteurs d'activités dans notre pays. Et il peut être lié à un problème de (manque de) concurrence.