Rédigé par une équipe de chercheurs de l'Université libre de Bruxelles et d'accompagnateurs d'entreprises issus de GroupOne, le rapport d'étude fait le point sur les connaissances disponibles sur le commerce à Bruxelles et adresse une série de recommandations aux décideurs. Les auteurs soulignent qu'à la différence de la période des attentats, la crise du Codvid 19 et ses répercussions immédiates en termes de déplacements touristiques aura un impact plus durable sur les commerces, notamment ceux dépendant le plus largement d'une demande supra-locale, avertissent-ils.

Comptant en 2017 quelque 20.700 points de vente de biens et de services à caractère commercial, le secteur de la distribution à Bruxelles se distingue par son importance économique: il pesait 9% de l'emploi régional en 2018, soit 61.000 équivalents temps plein, dont 70% peu qualifiés et une majorité occupés par des Bruxellois. Dans la capitale, la vente de biens (alimentation, l'équipement de la personne et de la maison ainsi que la vente de biens liés aux loisirs) représente 10.195 points de vente, soit quasi la moitié des cellules. Les cafés, restaurants et restauration rapide (HORECA) comptent 5.100 établissements (25%); les services à caractère commercial (salon de coiffure, agence de banque, salon-lavoir...) 4.407 cellules commerciales (21%); et enfin, la vente de véhicules et les services associés aux transports, 994 implantations (5%).

Le nombre de points de vente a diminué au fil des ans (de moitié depuis les années '50), mais très peu au cours des 20 dernières années (-0,4%). Il y a par contre actuellement plus de surface de vente, et une plus grande concentration commerciale, plus de succursales et de franchisés.

Consommation

Toujours selon le numéro 143 de la revue Brussels Studies, une perspective à long terme sur la consommation des ménages en Belgique montre que les dépenses par habitant à prix constant dans le commerce de détail au sens strict (vente de biens) sont stables au moins depuis la fin des années 1970, alors que les revenus par personne ont continué à augmenter. L'étude évoque également les estimations de Comeos, selon lequel l'e-commerce représentait en 2018 près de 12% du chiffre d'affaires du commerce de détail en Belgique. Du fait de la structure sociodémographique de la population dans la Région mais aussi probablement de la densité de l'offre commerciale bruxelloise, le recours au commerce électronique, comparé à la moyenne belge, "est toutefois moins fréquent à Bruxelles".

"Force est de constater qu'aujourd'hui politique touristique et politique commerciale sont gérées trop séparément. Cela peut se concevoir si l'on considère le commerce comme une activité induite, mais il est justement temps de ne plus considérer le commerce comme un simple bénéficiaire du tourisme, mais bel et bien un acteur contribuant à l'écosystème touristique urbain", disent les auteurs au chapitre des recommandations.

Selon eux, cela implique donc d'agir aussi sur des flux potentiellement plus stables que ceux du tourisme. Il s'agit notamment de limiter l'évasion commerciale, même s'il est illusoire de vouloir empêcher que des Bruxellois fassent des achats au-delà des limites régionales. À l'inverse, les navetteurs constituent un segment de clientèle qui concoure probablement de manière sensible à la vitalité de certains segments du commerce bruxellois et mériteraient que l'on y porte plus d'attention.

La promotion immobilière devrait être davantage mise au service du commerce dont elle est parfois trop déconnectée.

Economie circulaire et mobilité multimodale

Autre recommandation: inclure le commerce dans les politiques de réorientation de l'économie vers le circulaire, et de mobilité multimodale en ce compris pour la livraison des marchandises. Dans ce contexte, les impacts que peuvent avoir les chantiers, les plans de mobilité ou tout autre évènement majeur sur la chaîne d'approvisionnement, sur l'accessibilité des commerces et le passage des clients sont essentiels à prendre en considération.

Plus largement, les auteurs prônent le développement d'une réflexion permanente et de tous les acteurs pour maintenir la ville accueillante pour le commerce et encourager sa diversité.

Ils plaident pour une régulation de l'e-commerce qui met à rude épreuve, disent-ils, les systèmes de fret urbain notamment en termes de durabilité.

"Les faillites et les réorganisations qui résulteront de la crise du Covid-19 rendront sans aucun doute la réinvention du commerce et son accompagnement d'autant plus indispensables", insistent-ils.

Rédigé par une équipe de chercheurs de l'Université libre de Bruxelles et d'accompagnateurs d'entreprises issus de GroupOne, le rapport d'étude fait le point sur les connaissances disponibles sur le commerce à Bruxelles et adresse une série de recommandations aux décideurs. Les auteurs soulignent qu'à la différence de la période des attentats, la crise du Codvid 19 et ses répercussions immédiates en termes de déplacements touristiques aura un impact plus durable sur les commerces, notamment ceux dépendant le plus largement d'une demande supra-locale, avertissent-ils. Comptant en 2017 quelque 20.700 points de vente de biens et de services à caractère commercial, le secteur de la distribution à Bruxelles se distingue par son importance économique: il pesait 9% de l'emploi régional en 2018, soit 61.000 équivalents temps plein, dont 70% peu qualifiés et une majorité occupés par des Bruxellois. Dans la capitale, la vente de biens (alimentation, l'équipement de la personne et de la maison ainsi que la vente de biens liés aux loisirs) représente 10.195 points de vente, soit quasi la moitié des cellules. Les cafés, restaurants et restauration rapide (HORECA) comptent 5.100 établissements (25%); les services à caractère commercial (salon de coiffure, agence de banque, salon-lavoir...) 4.407 cellules commerciales (21%); et enfin, la vente de véhicules et les services associés aux transports, 994 implantations (5%). Le nombre de points de vente a diminué au fil des ans (de moitié depuis les années '50), mais très peu au cours des 20 dernières années (-0,4%). Il y a par contre actuellement plus de surface de vente, et une plus grande concentration commerciale, plus de succursales et de franchisés. Toujours selon le numéro 143 de la revue Brussels Studies, une perspective à long terme sur la consommation des ménages en Belgique montre que les dépenses par habitant à prix constant dans le commerce de détail au sens strict (vente de biens) sont stables au moins depuis la fin des années 1970, alors que les revenus par personne ont continué à augmenter. L'étude évoque également les estimations de Comeos, selon lequel l'e-commerce représentait en 2018 près de 12% du chiffre d'affaires du commerce de détail en Belgique. Du fait de la structure sociodémographique de la population dans la Région mais aussi probablement de la densité de l'offre commerciale bruxelloise, le recours au commerce électronique, comparé à la moyenne belge, "est toutefois moins fréquent à Bruxelles". "Force est de constater qu'aujourd'hui politique touristique et politique commerciale sont gérées trop séparément. Cela peut se concevoir si l'on considère le commerce comme une activité induite, mais il est justement temps de ne plus considérer le commerce comme un simple bénéficiaire du tourisme, mais bel et bien un acteur contribuant à l'écosystème touristique urbain", disent les auteurs au chapitre des recommandations. Selon eux, cela implique donc d'agir aussi sur des flux potentiellement plus stables que ceux du tourisme. Il s'agit notamment de limiter l'évasion commerciale, même s'il est illusoire de vouloir empêcher que des Bruxellois fassent des achats au-delà des limites régionales. À l'inverse, les navetteurs constituent un segment de clientèle qui concoure probablement de manière sensible à la vitalité de certains segments du commerce bruxellois et mériteraient que l'on y porte plus d'attention. La promotion immobilière devrait être davantage mise au service du commerce dont elle est parfois trop déconnectée. Autre recommandation: inclure le commerce dans les politiques de réorientation de l'économie vers le circulaire, et de mobilité multimodale en ce compris pour la livraison des marchandises. Dans ce contexte, les impacts que peuvent avoir les chantiers, les plans de mobilité ou tout autre évènement majeur sur la chaîne d'approvisionnement, sur l'accessibilité des commerces et le passage des clients sont essentiels à prendre en considération. Plus largement, les auteurs prônent le développement d'une réflexion permanente et de tous les acteurs pour maintenir la ville accueillante pour le commerce et encourager sa diversité. Ils plaident pour une régulation de l'e-commerce qui met à rude épreuve, disent-ils, les systèmes de fret urbain notamment en termes de durabilité. "Les faillites et les réorganisations qui résulteront de la crise du Covid-19 rendront sans aucun doute la réinvention du commerce et son accompagnement d'autant plus indispensables", insistent-ils.