Depuis les années 80, la philosophie de la "Nouvelle Gestion Publique (New Public Management)" tente de rapprocher les administrations publiques des principes de gestion des entreprises privées. Cela donne lieu à un grand débat souvent teinté d'idéologie. Nous n'allons pas faire ici la louange ou le procès de ce type de management. Nous rappellerons néanmoins qu'en privilégiant notamment la création d'agences, dotées de moyens et de missions identifiées, ce système de gestion a responsabilisé les agents et donné de bons résultats en termes d'efficacité, notamment dans les pays nordiques.

Mais il y a une chose que l'on ne peut pas importer impunément du privé vers le public : c'est le système de flux tendu dans le domaine sanitaire. Ce qui est justifiable pour construire des Toyota, en faisant tourner au maximum les machines, en pilotant les approvisionnements au plus près, afin de réduire les stocks au maximum et d'utiliser au mieux le capital, ne l'est pas quand on parle de gérer les lits, les équipements et le personnel hospitaliers.

Car, on le voit, aujourd'hui, le fait de disposer de suffisamment de lits de soins intensifs pour répondre à un besoin sanitaire soudain et urgent est ce qui décide de la vie ou de la mort de centaines de personnes et nécessite, pour éviter un engorgement inacceptable des hôpitaux, de mettre prendre des mesures de confinement drastiques pour étaler l'épidémie. L'Allemagne qui avait, avant le virus, une capacité de 6 lits de soins intensifs pour 1.000 habitants, mais aussi notre pays avec 5 lits pour 1.000, se trouvent parmi les mieux lotis. La France et l'Italie, avec 3 lits se trouvent plutôt en-dessous de la moyenne et le Royaume-Uni, avec deux, clairement en queue de peloton.

Ce sera donc un débat de société qui ne manquera pas d'advenir une fois que le virus sera passé : devront nous conserver des capacités inutilisées dans les hôpitaux, "au cas où", afin de "déstresser" le personnel médical et de servir d'assurance en cas de nouvelle crise sanitaire ? Autrement dit, sommes-nous prêts à augmenter les coûts des soins de santé ?

Depuis les années 80, la philosophie de la "Nouvelle Gestion Publique (New Public Management)" tente de rapprocher les administrations publiques des principes de gestion des entreprises privées. Cela donne lieu à un grand débat souvent teinté d'idéologie. Nous n'allons pas faire ici la louange ou le procès de ce type de management. Nous rappellerons néanmoins qu'en privilégiant notamment la création d'agences, dotées de moyens et de missions identifiées, ce système de gestion a responsabilisé les agents et donné de bons résultats en termes d'efficacité, notamment dans les pays nordiques.Mais il y a une chose que l'on ne peut pas importer impunément du privé vers le public : c'est le système de flux tendu dans le domaine sanitaire. Ce qui est justifiable pour construire des Toyota, en faisant tourner au maximum les machines, en pilotant les approvisionnements au plus près, afin de réduire les stocks au maximum et d'utiliser au mieux le capital, ne l'est pas quand on parle de gérer les lits, les équipements et le personnel hospitaliers. Car, on le voit, aujourd'hui, le fait de disposer de suffisamment de lits de soins intensifs pour répondre à un besoin sanitaire soudain et urgent est ce qui décide de la vie ou de la mort de centaines de personnes et nécessite, pour éviter un engorgement inacceptable des hôpitaux, de mettre prendre des mesures de confinement drastiques pour étaler l'épidémie. L'Allemagne qui avait, avant le virus, une capacité de 6 lits de soins intensifs pour 1.000 habitants, mais aussi notre pays avec 5 lits pour 1.000, se trouvent parmi les mieux lotis. La France et l'Italie, avec 3 lits se trouvent plutôt en-dessous de la moyenne et le Royaume-Uni, avec deux, clairement en queue de peloton.Ce sera donc un débat de société qui ne manquera pas d'advenir une fois que le virus sera passé : devront nous conserver des capacités inutilisées dans les hôpitaux, "au cas où", afin de "déstresser" le personnel médical et de servir d'assurance en cas de nouvelle crise sanitaire ? Autrement dit, sommes-nous prêts à augmenter les coûts des soins de santé ?