Le commerce électronique n'est pas toujours très sympa avec l'environnement. Selon le Vlaams Instituut voor de Logistiek (VIL), son point faible est la livraison à domicile, le last mile. Aller chercher le colis à un point de collecte (un magasin, un bureau de poste, un Point Relais ou Kiala, etc.) représente 80 % d'émissions en moins. Or la livraison à domicile, gratuite, rapide, est devenue la tendance. Il est parfois possible de commander le soir un article qui arrive le lendemain matin chez soi. Amazon et Coolblue (vente d'articles électroniques), par exemple, misent sur une livraison rapide pour attirer plus de clients. Souvent sans frais de livraison, et avec un retour du livreur en cas d'absence. Ce service est devenu un élément clé dans la lutte pour les parts de marché, avec des livraisons toujours plus rapides.

Arriver à 75 % de livraisons en points de vente

Le VIL, qui a mené l'enquête via un sondage réalisé auprès de 700 personnes, relève que 33 % des livraisons se font dans des points de collecte, le reste à domicile (ou à l'entreprise). Il propose d'inverser la proportion, à 75 %, ce qui permettrait de réduire au moins de 60 % les émissions (de CO2, mais aussi d'oxyde d'azote, plus toxique pour la santé). Ce projet porte sur la Flandre, mais le principe est valable pour tout le pays. Le VIL s'appuie sur les résultats de son enquête : " il apparaît que 80 % des commandes en ligne pour les consommateurs ne sont pas urgentes ", indique le VIL. Celui-ci estime qu'à terme, avec la croissance du commerce électronique en Belgique, la livraison massive à domicile n'est pas viable. Sauf si les véhicules assurant la livraison sont électriques ou fonctionnent au gaz naturel.

Le VIL est un institut présidé par Danny Van Himste, managing director de DHL Benelux. Il a pour objectif d'améliorer la compétitivité et l'innovation des entreprises du secteur logistique en Flandre. Il compte parmi ses membres des entreprises de logistique, de conseil mais aussi des villes (Anvers, Gand). Sa récente enquête portant sur l'e-commerce, la livraison et l'environnement fait partie du projet e-Green, qui vise à rendre le commerce électronique plus efficace et moins polluant. L'idée est d'évaluer la possibilité d'influencer le comportement des consommateurs soucieux de l'environnement et, au passage, de réduire le coût du transport. Le VIL s'inquiète aussi de l'impact environnemental des retours gratuits des articles, pratiqués notamment par Zalando, qui font partie intégrante d'un comportement d'achat et vont au-delà du renvoi d'articles défectueux (environ un article sur deux est renvoyé chez Zalando).